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Cours de français en ligne (par B. MIRGAIN)

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bmirgain

Description :

Bernard.Mirgain@ac-nancy-metz.fr

Mise en ligne de cours de français. Aide gratuite pour les élèves.

http://www.lycee-pmf-epinal.fr

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  • Création : 14/07/2006 à 05:57
  • Mise à jour : 13/05/2012 à 08:49
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Ses archives (290)

  • SPECTACLE CLUB THEATRE.
  • La bicylette. Jacques Réda. Commentaire littéraire.
  • épreuves anticipées de Français - Première S. Session 2012. Liste des textes pour l'oral.
  • CE QUE DISENT LES HIRONDELLES. GAUTIER.

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Plan détaillé du blog et des 285 articles et dossiers



Plan détaillé du blog et des  285  articles et dossiers
Plan détaillé du blog
Page 1
http://bmirgain.skyrock.com/

Pourquoi ce blog ?
Plan détaillé du blog.
NOUVEAUX PROGRAMMES DE FRANCAIS EN 2°, 1° S ES L et 1° STI
Les raisons impératives pour devenir et rester poète. Dissertation entièrement corrigée. Francis Ponge.
Les limites du rire. Synthèse BTS industriels.
Page 2 http://bmirgain.skyrock.com/2.html
Vous montrerez en quoi les textes littéraires sous toutes leurs formes sont particulièrement aptes à dénoncer les problèmes de la société. Dissertation baccalauréat série S.
Baccalauréat blanc série S. L'Assommoir. Commentaire littéraire corrigé.
Les Caractères ou les Moeurs  de ce Siècle. Présentation de l'oeuvre de La Bruyère.
Le pin, l'arbre de mars, la pomme de pin, le cyprès. Mythes et symboles.
 
Page 3 http://bmirgain.skyrock.com/3.html
Hommage à Anne Ancelin Schützenberger.
Censure et triomphe des Lumières au siècle de la Révolution. Exposé.
Critique et affaires de blasphème à l'époque des Lumières. Compte rendu de lecture. 
Gilles Lipovetsky, Le Bonheur paradoxal. Article de presse. LE RIRE.
 
Page 4  http://bmirgain.skyrock.com/4.html
Feydeau, le grand horloger du théâtre. Analyse de la pièce "Occupe-toi d'Amélie".
Dessin de Claude Serre. La mort. Analyse d'un dessin du recueil "Savoir vivre".
Humour noir. Définition de l'humour et de l'humour noir.
Humour noir de Claude Serre. Copies des élèves.
Histoires drôles. Les cancans sur les hommes et les femmes. Anthologie.
 
Page 5  http://bmirgain.skyrock.com/5.html
Le cynisme. La philosophie des cyniques. Exposé.
Le théâtre de René de Obaldia.
En quoi le vaudeville renouvelle-t-il le genre de la satire théâtrale ? Dissertation corrigée.
Mercredi. Même les héros peuvent se reposer. Texte d'invention. Copies des élèves.
"Une histoire des parents d'écrivains de Balzac à Marguerite Duras" -  Anne Boquel et Etienne Kern
 
Page 6  http://bmirgain.skyrock.com/6.html
Le métier d'écrivain. Statistiques de l'édition en France. La société Gallimard.
Le commissaire est bon enfant. Courteline. Club théâtre.
Le portefeuille. Analyse de la pièce d'Octave Mirbeau.
Les autres, dessin de Cardon. Etude d'un dessin satirique.
Le cri de la chouette. Jacques Buisson. Présentation du roman.
 
 Page 7  http://bmirgain.skyrock.com/7.html

Facebook, un faux ami ? Synthèse de documents. BTS Industriels. Thème "Génération(s)"
Bacalhau blues. Christian Lacroix. Présentation du roman.
Apéro géant. Etude d'une photographie du Monde. BTS Industriels. Le fossé entre les générations.
Odön von Horvath. Vie et oeuvre du dramaturge.
Le dimanche. Jean-François Duval. Ecriture d'invention en classe de Seconde
 
Page 8  http://bmirgain.skyrock.com/8.html
Crébillon fils. Vie et oeuvre.
Statut juridique des SCOP. BTS industriels. Rapports de stage.
Définition du vaudeville.
De l'enseignement de la morale. Alain. Propos sur l'Education. Commentaire littéraire corrigé.
Référentiel BTS Industrie des Matériaux Souples. L'épreuve de français. Le rapport de stage et sa soutenance.
 
Page 9 http://bmirgain.skyrock.com/9.html

 Fénelon – Les aventures de Télémaque – commentaire littéraire du livre VII –
Baccalauréat 2010 – Epreuve de Français (série S) – Barème de correction et éléments de réponse.
Liste des textes de français – Oral EAF 2010 – classe de 1° S3
Le rire – thème BTS industriels 2011 et 2012 – programme officiel et texte de Charles BAUDELAIRE « De l'essence du rire »

 Article de Vosges Matin daté du 15 juin 2010 sur le club théâtre du lycée
 
Page 10  http://bmirgain.skyrock.com/10.html
 
La décision.   Paul Fournel. Ecriture d'invention en classe de seconde.
LORENZACCIO – Alfred de Musset – liste des textes étudiés en 1° S3 –
Mémoire des hommes, mémoire de la terre – sortie culturelle 2010
GIONO – Colline – L'incendie. Commentaires littéraires des élèves de Seconde
Etude comparée «Les mains sales » (SARTRE), « Les justes »(CAMUS) : écriture d'invention (remarques du professeur et copies des élèves de 1° S)
 
Page 11  http://bmirgain.skyrock.com/11.html
« Euthanasie et fin de vie » - groupement de textes – BTS INDUSTRIELS
 Au-delà de ce qui se donne pour la réalité, un monde plus juste, plus authentique, valable pour tous, est enfoui dans l'ombre et le silence. La tâche infinie de la littérature, d' âge en âge, est, serait peut-être de le porter au jour dans le registre qui lui est propre, sur le papier, en attendant qu'il advienne effectivement. Concours Général Français – sujet du concours général -
Les moralistes du XVIIème siècle : étude et synthèse du professeur
Le café de l'Excelsior – roman de Philippe Claudel – étude littéraire du professeur et copie d'une élève de seconde.
 

Page 12  http://bmirgain.skyrock.com/12.html

Questions posées à l'écrivain Philippe Claudel et réponses
Le roman et ses personnages – bac blanc février 2010 – barème de correction et éléments de réponse
La description dans le roman : étude des fonctions de la description  et synthèse du professeur
Dans quelle mesure les descriptions dans le roman révèlent-elles la vision qu'a l'écrivain de l'homme et du monde? Dissertation rédigée par le professeur, avec toute la méthodologie
Le lys dans la vallée – Balzac – commentaire littéraire filière S – corrigé complet du professeur
Alain et l'enseignement de la morale – éléments de réflexion et documents annexes
 
Page 13  http://bmirgain.skyrock.com/13.html 

La poésie, le coeur d'un monde sans coeur.   Qu'en pensez-vous ? Sujet de dissertation, entièrement corrigé avec la méthodologie et corpus de nombreux textes poétiques.
La recherche documentaire en IUT. Document de l'IUT Charlemagne de NANCY proposant une bibliographie complète des ouvrages et sites internet recommandés pour les étudiants.
Etude du portrait et de la caricature. Exercices corrigés.
Cabu. La caricature. Dessin de Cabu et corrigé du professeur.
Programmes officiels BTS CONCEPTION ET REALISATION DE SYSTEMES AUTOMATIQUES. 23 JUIN 2011.
 
Page 14  http://bmirgain.skyrock.com/14.html
  

La paresse. Maxime de La Rochefoucauld. Commentaire corrigé du professeur.
Germinal, de Claude Berri. Ecriture d'invention. Copies d'élèves de 1° S .
Wolfgang, tu feras informatique ! Dessin de Plantu.
DIGITAL NATIVES, THE LOST GENERATION ? Ecriture personnelle. BTS industriels.
Le roman doit-il accorder la priorité à la représentation du réel ou tout au contraire privilégier l'invention imaginaire ? Dissertation corrigée par le professeur.
Souffrance et suicide au travail. Groupement de textes. Synthèse BTS.

Page 15 http://bmirgain.skyrock.com/15.html
Burn out et suicide au travail : copie d'un étudiant de BTS.
Les types de focalisations. Description et focalisations : étude synthétique du professeur.
Liste des sites internet recommandés pour l'étude du français en lycée.
Fonctions de la description. Etude de l'incipit de Germinal. Corrigé du professeur et copies d'élèves.
Excipit de Germinal. Etude corrigée du professeur.
 
Page 16 http://bmirgain.skyrock.com/16.html

Dans quelle mesure peut-on considérer Germinal comme un roman politique, social, et psychologique. Dissertation corrigée par le professeur.
Le temps des cerises. Vie et oeuvre de Jean-Baptiste Clément.
La grammaire. Labiche. Etude littéraire de la scène 10 réalisée par le professeur.
Méthodologie du rapport de stage. Le stage en entreprise. Document synthétique du professeur.
L'affaire des ready-made - extrait de l'essai d'Anne Cauquelin : “Petit traité d'art contemporain”
 

Page 17  http://bmirgain.skyrock.com/17.html
 
La faucheuse. Dessin de Claude Serre. Etude du professeur sur la caricature et la symbolique de la mort.
Etymologie du mot génération. . Etude du mot proposée par le professeur. BTS INDUSTRIELS.
Thème « Génération(s) » - BTS – Programme officiel.
De la robe à la catachrèse. La catachrèse. Etude linguistique du professeur
 
 
Page 18 http://bmirgain.skyrock.com/18.html
 
Que peuvent apporter les acteurs et le metteur en scène au texte théâtral ? Dissertation corrigée par le professeur.
MARVILLE. Scheherazade. Etude à partir d'un tableau de Marville.
Liste des textes 1° S3. ORAL EAF 2009.
Il y a dans les vrais livres avec l'évidence même de la vérité dont ils témoignent une inépuisable réserve de mystère, de silence, d'énigme. Dissertation du concours général 2009 corrigée par le professeur.
Pamphlet contre les préjugés. Copie d'un élève.
 
 Page 19 http://bmirgain.skyrock.com/19.html

Torture. Article Torture de Voltaire. Commentaire littéraire du professeur. Copie d'élève.
Le chèque emploi universel. Etude réalisée par le professeur.
Les glaneurs. Etude du mot. La crise économique (BTS)
Labyrinthe. Dessin de Jean-Jacques Sempé. Etude de document en classe de BTS.
La catachrèse. Etude linguistique du professeur. 
 
Page 20 http://bmirgain.skyrock.com/20.html
Causerie.  Baudelaire. Commentaire entièrement corrigé par le professeur.
Poésie et expression des sentiments. Bac blanc 2009 : la poésie. Corpus et éléments de corrigé.
Portrait de Louis XIV par  Hyacinthe Rigaud. Analyse du tableau.   (BTS).
Le détour : programme officiel (BTS)
 
Page 21 http://bmirgain.skyrock.com/21.html
La philosophie du détour (article de P. Simmarano). Sens du mot détour.
TOPOR. Dessin de Roland Topor : Roméo et Juliette. Le détour. BTS.
Occupe-toi d'Amélie : liste des textes E.A.F. 2009 1° S SVT
Feydeau, le grand horloger du théâtre. Exposé du professeur et copies des élèves (texte d'invention).
Les principaux types de plan de dissertation.
Philippe Delerme. Ecriture d'invention : les plaisirs minuscules (copies d'élèves)
 
Page 22 http://bmirgain.skyrock.com/22.html
Poésie : groupement de textes.
ANDRE DEGAINE. Histoire du théâtre. Article sur le livre d'André Degaine.
Pensez-vous qu'Internet ne soit qu'un doudou qui rassure ?
Le joujou du pauvre. BAUDELAIRE. Le poème en prose.
Le poème en prose : définition.
Le poème en prose « Dindes » de Jules Renard : copie d'élève.
Dindes. Jules RENARD. Poème en prose de Jules Renard – corrigé du professeur.

Page 23  http://bmirgain.skyrock.com/23.html
Dindes. Jules Renard. Commentaire littéraire corrigé.
Les diffuseurs ont intronisé la toute-puissance de la banalité. Ecriture personnelle. BTS
Philippe Delerm. Principes de l' écriture d'invention.
Les prud'hommes. BTS.
Vie et oeuvre  de Rimbaud. Exposé professoral.
 
Page 24  http://bmirgain.skyrock.com/24.html

Le dormeur du val. Etude du contexte historique. La guerre de 1870.
Catachrèse : définition du terme.
Ménippe de La Bruyère. Commentaire d'un élève.
Avis de concours contre l'homophobie.
Ménippe. La Bruyère. Commentaire littéraire corrigé par le professeur.
 
Page 25    http://bmirgain.skyrock.com/25.html
 
Dessin de Avoine, commentaire de document.
Arrias. La Bruyère. Commentaire littéraire du professeur.
SCHOT. Dessin humoristique. Etude d'un document iconographique. BTS.
Synthèse de documents BTS : le progrès. Plan de synthèse.
Ménippe. La Bruyère.
 
Page 26 http://bmirgain.skyrock.com/26.html

BALZAC. Le chef d'oeuvre  inconnu. Roman de Balzac. Commentaire rédigé et explication littéraire.
Club théâtre du lycée, article EST REPUBLICAIN, du 06 juin 1988.
Club théâtre à l'auditorium de la Louvière.
Article EST REPUBLICAIN, le devoir de mémoire.
Baccalauréat blanc, corrigé de Mlle Aubertin Christelle.
 

Page 27 http://bmirgain.skyrock.com/27.html
Au Bonheur des Dames, Zola. Commentaire littéraire de B. Mirgain.
Avec le temps. Léo Ferré. Explication littéraire du professeur.
Léo Ferré, Avec le temps, copies des élèves.
Baccalauréat blanc 2008, sujets.
Liste des textes EAF 2008, filière S.
 
Page 28   http://bmirgain.skyrock.com/28.html
Poésie. Objet d'étude en série S. Corpus de textes.
Britannicus, Racine, liste des textes (EAF 2008).
Britannicus. Etudes littéraire sur Britannicus de Racine.
L'érotisme masculin dans la Rome antique. Compte rendu de lecture.
 
 
Page 29  http://bmirgain.skyrock.com/29.html
Le personnage de Néron. La sexualité dans la Rome antique.
Déshabiller le mot. Arts plastiques et arts appliqués.
La condition humaine de Malraux. Dissertation.La condition humaine" est à la fois un roman politique, idéologique et métaphysique, mais aussi un roman psychologique.
La condition humaine, dissertation. Copies de certains élèves.
La comédie des masques dans la Condition humaine.
 
Page 30  http://bmirgain.skyrock.com/30.html
 Les lettres persanes, Montesquieu, commentaire littéraire du professeur.
Les lettres persanes. Montesquieu. Lettre 46. Commentaire corrigé du professeur.
Baccalauréat blanc, série S
Dans quelle mesure peut on considérer l'Ingénu de Voltaire, comme une satire politico-sociale, philosophique et religieuse
L'Ingénu de Voltaire, dissertation corrigée.
L'Ingénu. Voltaire. Chapitre 20.  Explication de texte corrigée par le professeur.
 
Page 31  http://bmirgain.skyrock.com/31.html
Internet, l'âge d'or du culte de soi. BTS. Voir, faire voir.
Les colchiques. Explication littéraire. Les colchiques, Apollinaire. Commentaire littéraire.
Club théâtre, article EST REPUBLICAIN.
EPREUVE ANTICIPEE DE FRANCAIS. Liste des textes EAF 2008.
Ménalque, La Bruyère. Commentaire littéraire du professeur.
 
Page 32     http://bmirgain.skyrock.com/32.html
Relaxation en classe ; article du journal L'EST REPUBLICAIN.
Les obsèques de la lionne. La Fontaine.  Etude des images allégoriques.
Le héron.  La Fille. Jean de La Fontaine, étude de la morale intercalée.
Gnathon de La Bruyère. Commentaire corrigé.  
Le CE et le CHSCT. BTS
 
Page 33  http://bmirgain.skyrock.com/33.html
Baccalauréat de Français. Liste des textes E.A.F. session 2007. Filière S.
L'avare. Molière. Commentaire d'un extrait. Etudes littéraires.
La Société par Actions simplifiée. BTS
Le lac. Commentaire du poème  de Lamartine. Etude du lyrisme. Copies des élèves.
Gargantua de Rabelais : une oeuvre  humaniste ? Dissertation corrigée par le professeur. Copies des élèves.
 

Page 34  http://bmirgain.skyrock.com/34.html
LA FETE. Thème « la fête ». BTS. Synthèse de documents avec proposition de plan.
Saint-Barthélémy. Les guerres de religion. Panorama historique de B.Mirgain.
Histoire du protestantisme. Exposé d'un élève.
François Rabelais, vie et oeuvre. L'affaire des placards.
Rabelais, l'iconoclaste. L'humanisme de Rabelais.
 
Page 35  http://bmirgain.skyrock.com/35.html
Les effarés de Rimbaud. Commentaire littéraire du professeur.
La fête. BTS. Synthèse de documents.
Baccalauréat de Français. Série S. Liste des textes à l'oral.
Aventure indienne. Voltaire. Commentaire corrigé.  Etude littéraire.
Beaumarchais considère son oeuvre  comme « une pièce amusante et sans fatigue, une espèce d'imbroille ». Qu'en pensez-vous ? Le barbier de Séville de Beaumarchais. Dissertation corrigée.
Maurice Lever. Beaumarchais, l'insolent.
 
Page 36  http://bmirgain.skyrock.com/36.html

Hommage à Maurice Lever. Vie et oeuvre de Beaumarchais.
La calomnie. Le Barbier de Séville. Acte II scène 8. La calomnie. Commentaire littéraire du professeur.
La Fontaine définit ainsi le genre de la fable : « Une ample Comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est l'Univers. » Qu'en pensez vous ?  Les fables de Lafontaine. Dissertation corrigée.
La guerre. La Bruyère. Les Caractères ou les Moeurs de ce siècle. Etude littéraire du texte.  Commentaire d'un élève.
Qu'est-ce qu'un apologue ? Définition de l'apologue.
 

Page 37  http://bmirgain.skyrock.com/37.html
La guerre a pour elle l'antiquité. La Bruyère. Commentaire complet.
Les Caractères ou les Moeurs de ce siècle – 1689 - chapitre IV intitulé “Du Souverain ou de la République ». La guerre. Commentaire littéraire du professeur.
Programme officiel de l'enseignement du français en classe de première. Nouveaux programmes séries STI du 17 mars 2011.
La guerre. La bruyère. L'ironie chez La Bruyère.
Les guerres de Hollande, Bernard Mirgain.
Le villageois et le serpent. La Fontaine.  Commentaire littéraire du professeur.

Page 38  http://bmirgain.skyrock.com/38.html
Le rat qui s'est retiré du monde. La Fontaine. Modèle de conclusion pour la fable « Le Rat qui s'est retiré du monde »
L'épicurisme. Exposé d'un élève. Définition de Encarta.
La fille. La fontaine. Modèles d'introduction pour un commentaire littéraire.
Vie et oeuvre  de La Fontaine. Exposé professoral. Extraits de l'encyclopédie Universalis.
Histoire des jardins.
 
 
Page 39 http://bmirgain.skyrock.com/39.html
Le curé et le mort. La Fontaine. Commentaire rédigé.  Explication littéraire du professeur.
Etude comparée du Héron et de la Fille de La Fontaine.
Le loup et l'agneau. La Fontaine. Commentaire littéraire corrigé.
Le curé et le mort. La satire sociale de La Fontaine.
Le héron. La  Fille.  La fable double , par Patrick Dandrey.
Le roi et l'oiseau, conte de Michel Hindenoch.

Page 40    http://bmirgain.skyrock.com/40.html
Le récit confessionnel. Jean-Jacques Rousseau. Exposé du professeur.
Patrick Dandrey. Hommage à Patrick Dandrey. Le héron, la fille. La Fontaine.
Les contes d'Alphonse Daudet. L'homme à la cervelle d'or, Alphonse Daudet, commentaire littéraire.
La lettre de motivation. BTS
Le curriculum vitae. BTS
 
Page 41 http://bmirgain.skyrock.com/41.html
Référentiel pour le français en BTS.
Etymologie des mots.
Bac blanc. Série S. Le théâtre.
Fausses étymologies, vraies mythologies , par B. MIRGAIN.
Le théâtre d'Epinal : visite guidée par Christian Germain et Bernard Mirgain.
Hommage à Christian Germain.
 
Page 42  http://bmirgain.skyrock.com/42.html
Le roman doit-il accorder la priorité à la représentation du réel ou tout au contraire privilégier l'invention imaginaire ? Dissertation corrigée par le professeur.
La bougie. Francis Ponge. Commentaire entièrement corrigé par le professeur.
 Ulysse from Bagdad . Extrait du  roman d'Eric-Emmanuel Schmitt.
La bougie. Commentaires littéraires d'élèves de Seconde.
Les écrivains sous Vichy. Littérature et collaboration sous Vichy. Exposé historique du professeur.
Histoire du café-concert.
 
Page 43 http://bmirgain.skyrock.com/43.html
Peut-on rire de tout ? BTS industriels.
La mondialisation du rire. Macha Séry.
Fables de La Fontaine en allemand, en anglais et en hollandais.
Atelier théâtre. Charte du club théâtre.
Spectacle du club théâtre 31 mai 2011.
Présenter une entreprise. Dossiers de BTS IMS.
 
Page 44 : http://bmirgain.skyrock.com/44.html
Liste des textes 1° S3. Epreuves orales série S. Session 2011.
PICASSO. Tête de femme au chapeau bariolé.
Die Wanderratten. Heinrich Heine.
Discours indirect libre.
Mémoire des hommes, mémoire de la terre. Excursion scolaire du lycée.
 
Page 45 : http://bmirgain.skyrock.com/45.html
L'Académie Stanislas.
Ecriture d'invention. L'autobiographie.
Sujet corrigé du bac de français 2011 série S et ES.
Vénus anadyomène. Commentaire littéraire corrigé.
Jeu des dictées.
Georges Feydeau. Vie et oeuvre.
Le rire et le sourire. Maurice ABITEBOUL
 
Page 46 : http://bmirgain.skyrock.com/46.html
 Urbi et orbi, de Jacques Gaillard.
La phrase complexe.  Marcel PROUST.
Animaux en liberté. Anthologie de textes et poésies.
Biographie de Georges FEYDEAU,  par HENRY GIDEL.
Dans quelle mesure la lecture des romans permet-elle de connaître une période historique et une société ? Dissertation corrigée.
 
Page 47 : http://bmirgain.skyrock.com/47.html
Raconter un plaisir minuscule. Ecriture d'invention. Classe de Seconde.
Vie de l'écriture, écriture de la vie. SMS, carte postale et lettre. Ecriture d'invention. Classe de Seconde.
La Bruyère. De la guerre. Commentaire littéraire. Première S.
 
Page 48 : http://bmirgain.skyrock.com/48.html
Drôles d'oiseaux. L'art de dire tout avec presque rien. Ecriture d'invention en classe de seconde.
Dans quelle mesure les textes littéraires et leurs formes d'argumentation peuvent-ils contribuer  à changer l'homme et la société ?
Club théâtre du lycée. Boîte à malices pour une pioche.
Liste des textes bac S en juin 2012.
 
Page 49 : http://bmirgain.skyrock.com/49.html
Un coeur simple. Gustave Flaubert. Chapitre II. Commentaire littéraire.
Le texte d'imagination en classe de seconde.
Club théâtre du lycée P. Mendes France d'Epinal. Vosges Matin.10 décembre 2011.
Club théâtre du lycée. Article de Claudette Cousin dans  l'hebdomadaire L'ECHO DES VOSGES. 9 Décembre 2011. Enseigner le théâtre à l'école.
La littérature d'idées peut-elle changer l'homme et la société ? Dissertation. Copies des élèves.
 
Page 50 : http://bmirgain.skyrock.com/50.html
 
Dans quelle mesure les textes littéraires et leurs formes d'argumentation peuvent-ils contribuer  à changer l'homme et la société ? Dissertation corrigée par le professeur.
Le sport est devenu universellement le spectacle de la bêtise et de la barbarie.
Portraits de femmes chez Balzac. Anthologie.
Ecriture d'invention en classe de Première série S. 
Le sport est devenu universellement le spectacle de la bêtise et de la barbarie.
 
Page 51 : http://bmirgain.skyrock.com/51.html
 
Le sport, le spectacle et l'argent. Synthèse de documents en BTS.
Synthèse de documents. Le sport miroir de la société ? Corrigé de la synthèse avec conseils de méthode pour la rédaction.
Hommage à Anne-Marie Prodon. "Au royaume des bergers".
Rêvé pour l'hiver. Arthur Rimbaud. Explication de texte.
Dictionnaire des arts numériques.
 
Page 52 :http://bmirgain.skyrock.com/52.html
 
Le roman a-t-il besoin de héros ? Dissertation. Entièrement rédigée et corrigée par le professeur.
Piercing. Texte argumentatif. Etude en classe de Seconde.
De bric et de broc.
La mort de Victor Hugo. Hommage à Henri Pena Ruiz.
Le carton ondulé. BTS industriels. Article du journal "Le Monde".
 
Page 53 :http://bmirgain.skyrock.com/53.html
La Mouquette. Germinal. Emile ZOLA. Ecriture d'invention en 1ère S.
(copies des élèves de la classe sur les personnages de La Mouquette et de La Maheude)
L'assommoir. Les focalisations dans le roman de Zola.
L'assommoir. Une scène de repas. Commentaire littéraire.
Les procédés comiques dans le Barbier de Séville.
 
Page 54 http://bmirgain.skyrock.com/54.html
Baccalauréat blanc. Annales.
Le Barbier de Séville. Acte II, scène 7. Les types de comique.
Acte II, scène 7. Le Barbier de Séville. Etude du comique. Copie des élèves.
LE BARBIER DE SEVILLE. II,7. Commentaire littéraire de la scène 7.
Texte d'invention en classe de 1° S
 
Page 55 http://bmirgain.skyrock.com/55.html
Désert. Le Clézio. Commentaire littéraire.
Désert. Roman de Le Clézio. Résumé et analyse.
Par le rire, le cinéma comme art populaire, peut rendre comique une tragédie réelle.. BTS industriels. Thème : Rire, pour quoi faire ?
Saboter son travail. Etymologie.
Etymologie de l'adjectif "ludique".
Dessin de Nicolas Vial. Le Monde. BTS INDUSTRIELS.
 
Page 56 : http://bmirgain.skyrock.com/56.html
Concours Général des Lycées 2012. Composition française.
"L'histoire d'un frère qui tue son frère était un parfait sujet tragique". Dissertation sur la pièce BRITANNICUS de Racine.
Rire de résistance, rire subversif. Thème : le rire. Sujet de BTS blanc. BTS INDUSTRIELS.
Rire de résistance, rire subversif. Corrigé du BTS blanc par le professeur.
La Maline. Arthur Rimbaud. Commentaire littéraire. Corrigé du professeur.
La Maline. Commentaire. Copies des élèves.
 
Page 57 : http://bmirgain.skyrock.com/57.html
Journalisme et humour. BTS INDUSTRIELS.
Oral du Bac. EAF 2012. Série S.
Les plaisirs de la porte. Francis PONGE. Commentaire littéraire en classe de Seconde.
Baccalauréat blanc. Numéro 2. POESIE. Série S.
La bicyclette. Jacques Réda. Commentaire littéraire.
Hochschule der Medien Galerie. STUTTGART. Facebook macht anhängig.
 
Page 58 : http://bmirgain.skyrock.com/58.html
 
De l'institution des enfants, Montaigne. Essais, Livre I, chapitre XXVI, pp 161-162
Editions Garnier Frères, 1962

Ce que disent les hirondelles. Gautier. Exercice en classe de Seconde.
EPREUVES ANTICIPEES DE FRANCAIS. Classe de 1° S. Liste des textes pour la session 2012 (du 25 juin au 11 juillet 2012)
 



 
 


 
 
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#Posté le mardi 16 février 2010 06:54

Modifié le dimanche 13 mai 2012 08:49

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POURQUOI CE BLOG ?Leçon de Français au Lycée

Au-delà de la cotopie, il n'y a plus de champ structuré, même pour une dénotation synthétique. La seule relation tropique qui puisse être construite à ce niveau est un rapprochement entre deux champs isotopiques et/ou cotopiques distincts. La relation sera allotopique et définira le processus de la métaphore. La métononymie repose sur une disjonction dénotative entre deux unités distinctes d'une cotopie présentées comme équivalentes , la métaphore sur une disjonction dénotative entre deux unités distinctes en relation d'allotopie (dénotation synthétique fondée sur la rupture cotopique ou sur la jonction allotopique, source de fortes incompatibilités dans le pôle tropique).
La dérivation suffixale relève d'une isotopie et est générée par des mécanismes syntaxico-sémantiques réguliers, alors que la néologie métonymique met en ½uvre, dans le cas d'une cotopie, des schémas discursifs propres à une syntagmatique naturo-culturelle du discours, comme par exemple, la contiguïté de l'actance, ou la contiguïté de la co-présence sur laquelle s'implante un fonctionnement variationnel lié à une hiérarchisation synecdochique » [extrait de l'ouvrage « Effets sur le lexique des mécanismes de la métonymie et de la métaphore » - Colette CORTES -]

Vous ne comprenez pas,
Vous ne suivez pas,
Vous décrochez...

Ce blog est fait pour vous...jeunes lycéens.
"Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude" CAMUS

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Programme des "Larmes du rire" à télécharger : http://www.epinal.fr/

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ARTS PLASTIQUES -ARTS APPLIQUES


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Communauté mondiale des professeurs de français :
http://www.francparler.org
FRANCAIS LANGUE ETRANGERE FLE http://www.lepointdufle.net/
BAC DE FRANÇAIS http://www.ac-nancy-metz.fr/lytext
BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE http://www.bnf.fr/
BIBLIOTHEQUE DE LIVRES AUDIO GRATUITS
800 livres à écouter : à télécharger en format standard mp3 et à écouter sur votre baladeur numérique, lecteur mp3, iPod, ou lecteur CD
http://www.litteratureaudio.com/
 
Polices de caractère à télécharger gratuitement (Myriad Pro, Epistolar, Orator Std, etc...)
http://www.dafont.com/fr/

http://www.1001fonts.com/
 
LE SITE DES PROFESSIONNELS DE L'EDUCATION
http://eduscol.education.fr/
 
Document réalisé par le professeur, Bernard Mirgain
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#Posté le dimanche 26 juillet 2009 03:23

Modifié le jeudi 19 avril 2012 05:46

NOUVEAUX PROGRAMMES DE FRANCAIS 2° et 1° S ES L et STI - BOEN

Bulletin officiel spécial n°9 du 30 septembre 2010
http://www.education.gouv.fr/cid53318/mene1019760a.html
Programme de l'enseignement commun de français en classe de seconde générale et technologique et en classe de première des séries générales et programme de l'enseignement de littérature en classe de première littéraire
NOR : MENE1019760A 6 arrêté du 21-7-2010 - J.O. du 28-8-2010
MEN - DGESCO A1-4
________________________________________
Vu code de l'Éducation ; arrêté du 27-1-2010 modifié ; avis du CSE du 1-7-2010
________________________________________
Article 1 - Le programme de l'enseignement commun de français en classe de seconde générale et technologique et en classe de première des séries générales et le programme de l'enseignement de littérature en classe de première littéraire sont fixés conformément à l'annexe du présent arrêté.

Article 2 - Les dispositions du présent arrêté entrent en application à la rentrée de l'année scolaire 2011-2012.

Article 3 - L'arrêté du 3 octobre 2002 fixant le programme de l'enseignement commun de français en classe de seconde générale et technologique est abrogé à compter de la rentrée de l'année scolaire 2011-2012. Les dispositions de l'arrêté du 5 octobre 2006 relatives au programme de l'enseignement obligatoire de français dans les classes de première des séries générales sont remplacées par les dispositions annexées au présent arrêté à compter de la rentrée de l'année scolaire 2011-2012.

Article 4 - Le directeur général de l'enseignement scolaire est chargé de l'exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 21 juillet 2010

Pour le ministre de l'Éducation nationale, porte-parole du Gouvernement,
et par délégation,

Le directeur général de l'enseignement scolaire,

Jean-Michel Blanquer

Annexe
FRANÇAIS
CLASSES DE SECONDE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE ET PREMIÈRE GÉNÉRALE
LITTÉRATURE
CLASSE DE PREMIÈRE SÉRIE L
PRÉAMBULE
Finalités
Les programmes de français et littérature en classes de seconde et première répondent à des objectifs qui s'inscrivent dans les finalités générales de l'enseignement des lettres au lycée : l'acquisition d'une culture, la formation personnelle et la formation du citoyen.
Les finalités propres de cet enseignement sont :
- la constitution et l'enrichissement d'une culture littéraire ouverte sur d'autres champs du savoir et sur la société ;
- la construction progressive de repères permettant une mise en perspective historique des ½uvres littéraires ;
- le développement d'une conscience esthétique permettant d'apprécier les ½uvres, d'analyser l'émotion qu'elles procurent et d'en rendre compte à l'écrit comme à l'oral ;
- l'étude continuée de la langue, comme instrument privilégié de la pensée, moyen d'exprimer ses sentiments et ses idées, lieu d'exercice de sa créativité et de son imagination ;
- la formation du jugement et de l'esprit critique ;
- le développement d'une attitude autonome et responsable, notamment en matière de recherche d'information et de documentation.
Ces finalités sont atteintes grâce à une progression méthodique qui prend appui principalement sur la lecture et l'étude de textes majeurs de notre patrimoine. Leur mise en ½uvre s'effectue, à l'écrit comme à l'oral, au travers d'activités variées et d'exercices réguliers qui constituent autant de moyens de construire des connaissances et de développer des capacités chez les élèves.

Compétences visées
Dans la continuité du socle commun de connaissances et de compétences, les compétences visées répondent directement à ces finalités.
Elles doivent donner lieu à des évaluations régulières par les professeurs, au cours et à la fin de chaque étape de la formation, ce qui permettra de prévoir l'accompagnement, le soutien ou l'approfondissement adaptés aux besoins des élèves - le but des exercices et des évaluations étant bien de concevoir la mise en ½uvre des programmes en prenant en compte la réalité des besoins de tous les élèves pour les aider à progresser dans les apprentissages et les mener à la réussite.
Il s'agit de :
- Connaître quelques grandes périodes et les mouvements majeurs de l'histoire littéraire et culturelle
. savoir situer les ½uvres étudiées dans leur époque et leur contexte
- Connaître les principaux genres auxquels les ½uvres se rattachent et leurs caractéristiques
. percevoir les constantes d'un genre et l'originalité d'une ½uvre
. être capable de lire, de comprendre et d'analyser des ½uvres de genres variés, et de rendre compte de cette lecture, à l'écrit comme à l'oral
- Avoir des repères esthétiques et se forger des critères d'analyse, d'appréciation et de jugement
. faire des hypothèses de lecture, proposer des interprétations
. formuler une appréciation personnelle et savoir la justifier
. être capable de lire et d'analyser des images en relation avec les textes étudiés
- Connaître les principales figures de style et repérer les effets rhétoriques et poétiques
. savoir utiliser ces connaissances pour dégager des significations et étayer un commentaire
- Approfondir sa connaissance de la langue, principalement en matière de lexique et de syntaxe
- Parfaire sa maîtrise de la langue pour s'exprimer, à l'écrit comme à l'oral, de manière claire, rigoureuse et convaincante, afin d'argumenter, d'échanger ses idées et de transmettre ses émotions
- Acquérir des connaissances utiles dans le domaine de la grammaire de texte et de la grammaire d'énonciation
. savoir utiliser ses connaissances grammaticales pour lire et analyser les textes
- Connaître la nature et le fonctionnement des médias numériques, et les règles qui en régissent l'usage
. être capable de rechercher, de recueillir et de traiter l'information, d'en apprécier la pertinence, grâce à une pratique réfléchie de ces outils
. être capable de les utiliser pour produire soi-même de l'information, pour communiquer et argumenter
L'acquisition de ces connaissances et de ces capacités va de pair avec des attitudes intellectuelles qui se caractérisent par la curiosité, l'ouverture d'esprit, l'aptitude à l'échange, l'appropriation personnelle des savoirs et la créativité.

Mise en ½uvre
Les compétences visées ne s'acquièrent que si elles font l'objet d'apprentissages suivis et méthodiques.
En seconde ces apprentissages, qui prennent appui sur les acquis du collège, visent à développer l'autonomie de l'élève, sa capacité d'initiative dans les démarches, son attitude réflexive par rapport aux objets étudiés, dans la perspective de ses études à venir.
En première, ils permettent de compléter et d'approfondir les questions abordées en seconde et de se perfectionner dans la pratique de certains exercices d'écriture, de lecture et d'expression orale dans la perspective de l'examen final (épreuves anticipées de français).
Les programmes tiennent compte de la nécessité d'évaluer régulièrement les compétences acquises.

PROGRAMME DE LA CLASSE DE SECONDE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE
Présentation générale
Dans la continuité de l'enseignement qui a été donné au collège, il s'agit avant tout d'amener les élèves à dégager les significations des textes et des ½uvres. À cet effet, on privilégie deux perspectives : l'étude de la littérature dans son contexte historique et culturel et l'analyse des grands genres littéraires.
C'est en se fondant sur l'étude des textes et des ½uvres que l'on donne aux élèves des connaissances d'histoire littéraire. Ainsi se mettent en place peu à peu les repères nécessaires à la construction d'une culture commune. On veille également à leur apporter des connaissances concernant les grands genres littéraires et leurs principales caractéristiques de forme, de sens et d'effets, afin de favoriser le développement d'une conscience esthétique. Enfin, chaque objet d'étude doit permettre de construire chez l'élève l'ensemble des compétences énumérées plus haut : compétences d'écriture et d'expression aussi bien que de lecture, d'interprétation et d'appréciation.
Le programme fixe quatre objets d'étude qui peuvent être traités dans l'ordre souhaité par le professeur au cours de l'année. Á l'intérieur de ce cadre, celui-ci organise librement des séquences d'enseignement cohérentes, fondées sur une problématique littéraire. L'étude de trois ½uvres au moins et de trois groupements au moins sur une année est obligatoire.
Les extraits qui constituent les groupements de textes (cf. infra les corpus ) ne font pas obligatoirement l'objet d'une lecture analytique ; certains d'entre eux peuvent être abordés sous la forme de lectures cursives, selon le projet du professeur. Les textes et documents qui ouvrent sur l'histoire des arts ou sur les langues et cultures de l'Antiquité pourront trouver leur place au sein des groupements : ils ne constituent pas nécessairement un ensemble séparé.
Il est par ailleurs vivement recommandé de faire lire aux élèves, dans le cadre des groupements de textes ou dans celui des projets culturels de la classe, des textes appartenant à la littérature contemporaine.

Contenus
Les objets d'étude
Le roman et la nouvelle au XIXème siècle : réalisme et naturalisme

L'objectif est de montrer aux élèves comment le roman ou la nouvelle s'inscrivent dans le mouvement littéraire et culturel du réalisme ou du naturalisme, de faire apparaître les caractéristiques d'un genre narratif et la singularité des ½uvres étudiées, et de donner des repères dans l'histoire de ce genre.

Corpus :
- Un roman ou un recueil de nouvelles du XIXème siècle, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. On peut ainsi, en fonction du projet, intégrer à ces groupements des textes et des documents appartenant à d'autres genres ou à d'autres époques, jusqu'à nos jours. Ces ouvertures permettent de mieux faire percevoir les spécificités du siècle ou de situer le genre dans une histoire plus longue.
- En relation avec l'histoire des arts, un choix de textes et de documents montrant comment l'esthétique réaliste concerne plusieurs formes d'expression artistique et traverse tout le XIXème siècle. On peut réfléchir en amont à la façon dont les arts visuels, notamment, ont introduit la réalité quotidienne, qu'elle soit naturelle ou sociale, dans le champ de l'art et déterminé des choix esthétiques qui entrent en résonance avec l'évolution du genre romanesque, depuis le XVIIème jusqu'au XXème siècle. L'influence de la photographie sur les romanciers du XIXème siècle peut également faire l'objet d'un travail avec les élèves.

La tragédie et la comédie au XVIIème siècle : le classicisme

L'objectif est de faire connaître les caractéristiques du genre théâtral et les effets propres au tragique ou au comique. Il s'agit aussi de faire percevoir les grands traits de l'esthétique classique et de donner des repères dans l'histoire du genre.

Corpus :
- Une tragédie ou une comédie classique, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. On peut ainsi, en fonction du projet, intégrer à ces groupements des textes et des documents appartenant à d'autres genres ou à d'autres époques, jusqu'à nos jours. Ces ouvertures permettent de mieux faire percevoir les spécificités et la diversité du siècle ou de situer le genre dans une histoire plus longue.
- En relation avec les langues et cultures de l'Antiquité, un choix de textes et de documents permettant de découvrir les ½uvres du théâtre grec et latin. On étudie quelques personnages types de la comédie, quelques figures historiques ou légendaires qui ont inspiré la tragédie. On s'interroge en particulier sur les emprunts et les réécritures.
La poésie du XIXème au XXème siècle : du romantisme au surréalisme
L'objectif est de faire percevoir aux élèves la liaison intime entre le travail de la langue, une vision singulière du monde et l'expression des émotions. Le professeur amène les élèves à s'interroger sur les fonctions de la poésie et le rôle du poète. Il les rend sensibles aux liens qui unissent la poésie aux autres arts, à la musique et aux arts visuels notamment. Il leur fait comprendre, en partant des grands traits du romantisme et du surréalisme, l'évolution des formes poétiques du XIXème au XXème siècle.

Corpus :

- Un recueil ou une partie substantielle d'un recueil de poèmes, en vers ou en prose, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. On peut ainsi, en fonction du projet, intégrer à ces groupements des textes et des documents appartenant à d'autres genres ou à d'autres époques, jusqu'à nos jours. Ces ouvertures permettent de mieux faire percevoir les spécificités du siècle ou de situer le genre dans une histoire plus longue.
- En relation avec l'histoire des arts, un choix de textes et de documents permettant d'aborder, aux XIXème et XXème siècles, certains aspects de l'évolution de la peinture et des arts visuels, du romantisme au surréalisme.

Genres et formes de l'argumentation : XVIIème et XVIIIème siècle

L'objectif est de faire découvrir aux élèves que les ½uvres littéraires permettent, sous des formes et selon des modalités diverses, l'expression organisée d'idées, d'arguments et de convictions et qu'elles participent ainsi de la vie de leur temps. On s'intéresse plus particulièrement au développement de l'argumentation, directe ou indirecte, à l'utilisation à des fins de persuasion des ressources de divers genres et à l'inscription de la littérature dans les débats du siècle. On donne de la sorte aux élèves des repères culturels essentiels pour la compréhension des XVIIème et XVIIIème siècles.

Corpus :
- Un texte long ou un ensemble de textes ayant une forte unité : chapitre de roman, livre de fables, recueil de satires, conte philosophique, essai ou partie d'essai, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. On peut ainsi, en fonction du projet, intégrer à ces groupements des textes et des documents appartenant à d'autres genres ou à d'autres époques, jusqu'à nos jours. Ces ouvertures permettent de mieux faire percevoir les spécificités du siècle ou de situer l'argumentation dans une histoire plus longue.
- En relation avec les langues et cultures de l'Antiquité, un choix de textes et de documents permettant de donner aux élèves des repères concernant l'art oratoire et de réfléchir à l'exercice de la citoyenneté. On aborde en particulier les genres de l'éloquence (épidictique, judiciaire, délibératif) et les règles de l'élaboration du discours ( inventio , dispositio, elocutio , memoria , actio ).

L'étude de la langue
L'étude de la langue se poursuit en classe de seconde, dans le prolongement de ce qui a été vu au collège et dans la continuité du socle commun : il s'agit de consolider et de structurer les connaissances et les compétences acquises, et de les mettre au service de l'expression écrite et orale ainsi que de l'analyse des textes.
Dans le cadre des activités de lecture, d'écriture et d'expression orale, on a soin de ménager des temps de réflexion sur la langue. Ces activités sont également l'occasion de vivifier et d'exercer les connaissances linguistiques et de leur donner sens. Si nécessaire, des leçons ponctuelles doivent permettre de récapituler de manière construite et cohérente les connaissances acquises.
L'initiation à la grammaire de texte et à la grammaire de l'énonciation, qui figure au programme de la classe de troisième, se poursuit en seconde par la construction d'une conscience plus complète et mieux intégrée de ces différents niveaux d'analyse. La mise en ½uvre des connaissances grammaticales dans les activités de lecture et d'expression écrite et orale s'en trouve facilitée.
Pour cela :
- au niveau du mot et de la phrase, les éventuelles lacunes en matière de morphologie et de syntaxe doivent être comblées ;
- au niveau du texte, on privilégie les questions qui touchent à l'organisation et à la cohérence de l'énoncé ;
- au niveau du discours, la réflexion sur les situations d'énonciation, sur la modalisation et sur la dimension pragmatique est développée ;
- le vocabulaire fait l'objet d'un apprentissage continué, en relation notamment avec le travail de l'écriture et de l'oral : on s'intéresse à la formation des mots, à l'évolution de leurs significations et l'on fait acquérir aux élèves un lexique favorisant l'expression d'une pensée abstraite.
Poursuivant l'effort qui a été conduit au cours des années du collège, le professeur veille à ce que les élèves possèdent une bonne maîtrise de l'orthographe.
L'organisation de l'enseignement doit permettre une évaluation régulière des compétences langagières en vue de l'accompagnement personnalisé.
Activités et exercices
L'appropriation par les élèves de ces connaissances et de ces capacités suppose que soient mises en place des activités variées permettant une approche vivante des apprentissages. Le professeur vise, dans la conception de son projet et dans sa réalisation pédagogique, à favoriser cet engagement des élèves dans leur travail. Une utilisation pertinente des technologies numériques peut y contribuer.
En outre, des exercices plus codifiés, auxquels on a soin d'entraîner les élèves, permettent de vérifier leur progression dans les apprentissages et de proposer régulièrement des évaluations sommatives, au minimum deux chaque trimestre.
II est souhaitable, en complément, qu'un certain nombre d'activités de lecture, de recherche et d'écriture puissent être réalisées en relation avec le travail mené, au CDI, avec le professeur documentaliste.
- Activités
- Pratiquer les diverses formes de la lecture scolaire : lecture cursive, lecture analytique.
- Lire et analyser des images, fixes et mobiles.
- Comparer des textes, des documents et des supports.
- Faire des recherches documentaires et en exploiter les résultats.
- Pratiquer diverses formes d'écriture (fonctionnelle, argumentative, fictionnelle, poétique, etc.).
- S'exercer à la prise de parole, à l'écoute, à l'expression de son opinion, et au débat argumenté.
- Mémoriser des extraits.
- Mettre en voix et en espace des textes.
NB - La lecture analytique et la lecture cursive sont deux modalités différentes de lecture scolaire.
La lecture analytique vise la construction progressive et précise de la signification d'un texte, quelle qu'en soit l'ampleur ; elle consiste donc en un travail d'interprétation que le professeur conduit avec ses élèves, à partir de leurs réactions et de leurs propositions.
La lecture cursive, forme courante de la lecture, peut être pratiquée hors de la classe ou en classe. Elle est prescrite par le professeur et fait l'objet d'une exploitation dans le cadre de la séquence d'enseignement.
Les élèves sont en outre incités à mener, hors de la classe, de nombreuses lectures personnelles dont le cours de français vise à leur donner l'habitude et le goût.
- Exercices
- Écriture d'argumentation : initiation au commentaire littéraire, initiation à la dissertation.
- Écriture d'invention.
- Écriture de synthèse et de restitution.
- Exposé oral.
- Entretien oral.
La pratique de l'ensemble des activités, écrites et orales, favorise l'acquisition des compétences nécessaires à la réussite des exercices codifiés, auxquels on initie progressivement les élèves dès la seconde, en vue des épreuves anticipées de français.




PROGRAMMES DE FRANÇAIS EN PREMIÈRE GÉNÉRALE ET DE LITTÉRATURE EN PREMIÈRE L
Présentation générale
Dans la continuité de la classe de seconde, le programme de première vise à élargir chez les élèves la connaissance de la littérature et à en renforcer le goût. Le travail mené en seconde sur des objets relativement circonscrits, afin de donner des repères aux élèves, laisse place en première à une étude qui met en évidence certaines évolutions historiques des genres littéraires. Pour permettre, par ailleurs, un approfondissement de ces connaissances et de la réflexion sur le fait littéraire, ces évolutions sont abordées selon des points d'entrée spécifiques, qui en autorisent une approche plus concrète et plus précise à la fois.
Le travail mené en classe a pour but de consolider et d'enrichir la culture commune acquise au cycle précédent : connaissance des grands genres littéraires, de leurs principales caractéristiques de forme, de sens et d'effets, développement d'une conscience esthétique de la littérature, du goût pour la lecture des ½uvres et pour l'écriture.
Enfin, chaque objet d'étude doit permettre de construire chez l'élève l'ensemble des compétences énumérées plus haut. On s'attache en particulier à rendre l'élève progressivement plus autonome dans sa démarche, qu'elle soit de recherche, d'interprétation ou de production, et à développer une attitude à la fois réflexive et critique par rapport aux objets étudiés.
Le programme de première fixe quatre objets d'étude, qui peuvent être traités dans l'ordre souhaité par le professeur au cours de l'année. À l'intérieur de ce cadre, celui-ci organise librement des séquences d'enseignement cohérentes, fondées sur une problématique littéraire. L'étude de trois ½uvres au moins et de trois groupements au moins sur une année est obligatoire.
Les extraits qui constituent les groupements de textes (cf. infra les corpus ) ne font pas obligatoirement l'objet d'une lecture analytique ; certains d'entre eux peuvent être abordés dans le cadre de lectures cursives, selon le projet du professeur. Les textes et documents qui ouvrent sur l'histoire des arts ou sur les langues et cultures de l'Antiquité pourront trouver place au sein des groupements : ils ne constituent pas nécessairement un ensemble séparé.

Contenus
Quatre objets d'étude communs à toutes les séries générales

Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours

L'objectif est de montrer aux élèves comment, à travers la construction des personnages, le roman exprime une vision du monde qui varie selon les époques et les auteurs et dépend d'un contexte littéraire, historique et culturel, en même temps qu'elle le reflète, voire le détermine.
Le fait de s'attacher aux personnages permet de partir du mode de lecture qui est le plus courant. On prête une attention particulière à ce que disent les romans, aux modèles humains qu'ils proposent, aux valeurs qu'ils définissent et aux critiques dont ils sont porteurs.
Dans cette appréhension de l'univers de la fiction, on n'oubliera pas que la découverte du sens passe non seulement par l'analyse méthodique des différents aspects du récit qui peuvent être mis en évidence (procédés narratifs et descriptifs notamment), mais aussi par une relation personnelle au texte dans laquelle l'émotion, le plaisir ou l'admiration éprouvés par le lecteur jouent un rôle essentiel.
Pour permettre aux élèves de prendre conscience des évolutions du genre romanesque et enrichir leur culture, le professeur a soin de leur proposer des textes différents de ceux qui ont été étudiés en seconde.
Corpus :
- Un roman, du XVIIème siècle à nos jours, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné : le professeur veille à proposer dans ces groupements des textes ou des documents appartenant à d'autres époques que celle à laquelle appartient le roman étudié par ailleurs, pour mieux faire ressortir les spécificités du genre romanesque à telle ou telle période et dessiner des évolutions en matière d'histoire des formes et des représentations.
- En relation avec l'histoire des arts, un choix de textes et de documents permettant de mettre en évidence les relations existant entre la représentation des personnages et des milieux romanesques et celle qu'en donnent les autres arts - la peinture, la gravure, la sculpture, l'opéra par exemple - à la même époque.

Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours

L'objectif est de faire découvrir des ½uvres théâtrales qui renouvellent les formes classiques étudiées en seconde, mais aussi de sensibiliser les élèves à l'art de la mise en scène, notamment dans sa capacité à enrichir l'interprétation. La réalisation scénique déterminant profondément l'écriture des textes dramatiques et permettant d'en faire jouer pleinement les effets, on s'attache à faire percevoir aux élèves les interactions entre texte et représentation.
Prenant appui sur une programmation locale ou sur des captations, l'étude proprement littéraire du texte théâtral sera étayée par l'analyse de mises en scène comparées, et prendra ainsi en compte les données propres de la dramaturgie.

Corpus :
- Une pièce de théâtre du XVIIème siècle à nos jours, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire et dramatique des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné : le professeur veille à proposer dans ces groupements des textes et des documents de divers types (iconographiques, sonores, numériques, photographiques, filmiques) appartenant ou renvoyant à d'autres époques que celles auxquelles appartiennent les pièces étudiées par ailleurs, pour favoriser la conscience des évolutions du genre dramatique. Ces groupements permettront ainsi de mettre en perspective une histoire des formes théâtrales et des représentations.
- En relation avec les langues et cultures de l'Antiquité, un choix de textes et de documents permettant de réfléchir aux fonctions et significations du théâtre dans le monde grec et latin et de les relier avec les conditions de la représentation et son déroulement. La naissance et l'évolution de la tragédie et de la comédie, les dimensions religieuse et civique du théâtre sont ainsi l'objet d'une étude prenant en compte le contexte de création et les spécificités concrètes du théâtre (condition des acteurs, nature du spectacle et des effets recherchés, espace de la représentation, fonction des masques, etc.).

Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours

L'objectif est d'approfondir avec les élèves la relation qui lie, en poésie, le travail de l'écriture à une manière singulière d'interroger le monde et de construire le sens, dans un usage de la langue réinventé. On fait ainsi appréhender un trait essentiel de la littérature comme « art du langage », faisant appel à l'imagination et à la matérialité sensible de la langue.
Sans négliger l'émotion qui peut s'exprimer et se communiquer à travers les textes poétiques, on s'attache également à contextualiser la lecture de la poésie, en donnant aux élèves des éléments de son histoire, dans ses continuités, ses évolutions et ses ruptures, et en leur faisant approcher les mouvements esthétiques et culturels avec lesquels elle entre en résonance. On met ainsi en relief le rôle et la fonction du poète, souvent aux avant-postes de la littérature et de la culture. Enfin, on attire l'attention sur les phénomènes d'intertextualité, pour construire au fil des lectures une connaissance des repères essentiels à la compréhension des mouvements esthétiques dans lesquels s'inscrit la poésie.
Pour donner une idée de la diversité des formes et des genres poétiques, le professeur peut ancrer son étude sur quelques grands « lieux » de la poésie - dire l'amour, dire la mort, dire le monde, chercher le sens, louer ou dénoncer, exprimer son espoir, sa révolte, etc. - qui permettent d'appréhender cette variété de manière plus concrète. Il a soin de travailler sur des textes différents de ceux étudiés en classe de seconde.

Corpus :
- Un recueil ou une partie substantielle d'un recueil de poèmes, en vers ou en prose, du Moyen Âge à nos jours, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. Le professeur veille ainsi à proposer des textes ou des documents appartenant à d'autres époques que celle du recueil étudié par ailleurs, pouvant aussi relever de genres ou d'arts différents, pour mieux faire ressortir les spécificités de la poésie à telle ou telle période et dessiner des évolutions en matière d'histoire des formes et des représentations.
- En relation avec l'histoire des arts, un choix de textes et de documents permettant de mettre en évidence les relations entre la poésie et d'autres arts, à une époque donnée ou dans le cadre d'un mouvement esthétique particulier. On privilégiera l'étude de mouvements qui marquent des étapes dans la revendication d'un renouveau esthétique. Les relations entre poésie et musique à la Renaissance, le baroque en poésie, mais aussi dans la peinture, la sculpture et l'architecture, les grands traits de l'esthétique surréaliste, par exemple, peuvent faire l'objet d'un travail qui rende sensibles aux élèves les correspondances entre les arts et la singularité de leurs modes et de leurs formes d'expression.

La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème à nos jours

L'objectif est de permettre aux élèves d'accéder à la réflexion anthropologique dont sont porteurs les genres de l'argumentation afin de les conduire à réfléchir sur leur propre condition. On contribue ainsi à donner sens et substance à une formation véritablement humaniste. Dans cette perspective, on s'attache à mettre en évidence les liens qui se nouent entre les idées, les formes qui les incarnent et le contexte dans lequel elles naissent. Le fait d'aborder les ½uvres et les textes étudiés en s'interrogeant sur la question de l'homme ouvre à leur étude des entrées concrètes et permet de prendre en compte des aspects divers, d'ordre politique, social, éthique, religieux, scientifique par exemple, mais aussi de les examiner dans leur dimension proprement littéraire, associant expression, représentation et création.
Le professeur a soin de donner aux élèves une idée de la diversité des genres de l'argumentation et de leur évolution du XVIème au XXème siècle ; il leur propose à cet effet d'autres textes que ceux qu'ils ont pu étudier en seconde.
Corpus :
- Un texte long ou un ensemble de textes ayant une forte unité, du XVIème siècle à nos jours, au choix du professeur, étudié dans sa composition et son développement aussi bien que dans sa rédaction : essai, discours, pamphlet, recueil de maximes ou de pensées, de fables ou de satires, extraits de correspondances d'écrivains, texte narratif à visée persuasive, etc.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves et de problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. Le professeur veille ainsi, en fonction du projet, à proposer dans ces groupements des textes ou des documents appartenant à d'autres époques que celle à laquelle appartient le texte long étudié par ailleurs, pour mieux faire ressortir les spécificités de telle ou telle période et dessiner des évolutions en matière d'histoire des idées et des formes.
- En relation avec les langues et cultures de l'Antiquité, et dans une perspective humaniste de connaissance des sources, un choix de textes et de documents permettant de retrouver dans les ½uvres antiques les racines de questions et de représentations touchant à la condition de l'homme. Le professeur choisit des ½uvres ou extraits d'½uvres qui ont fait l'objet de reprises et de variations et constituent un héritage vivant à travers les siècles. Les récits de création ou fondation, les tragédies, les poèmes, mais aussi les tableaux, fresques et sculptures pourront ainsi nourrir une réflexion anthropologique que l'étude des genres de l'argumentation aura permis d'aborder selon des angles différents mais complémentaires.

Deux objets d'étude spécifiques pour l'enseignement de littérature en première L
L'enseignement spécifique de littérature à destination des élèves de la série L doit permettre un approfondissement et un élargissement des connaissances nécessaires à :
- la construction et à la consolidation de leur culture littéraire ;
- la découverte de problématiques liées à la poursuite d'études dans le champ des humanités ;
- l'exercice des capacités à construire des interprétations, à établir des correspondances, à rédiger et à s'exprimer avec rigueur et clarté - capacités plus particulièrement attendues chez des élèves engagés dans la voie des études littéraires.
La prise en compte d'un espace culturel européen permet de familiariser les élèves avec quelques textes de référence partagés et de créer des échos entre ces deux heures d'enseignement spécifique et les deux heures de « littérature étrangère en langue étrangère ». Le travail sur les réécritures fait entrer plus avant dans la fabrique des textes et donne un aperçu de la complexité des rapports qu'ils entretiennent les uns avec les autres.
Ces objets d'étude de l'enseignement spécifique sont proches, dans leur conception et leur présentation, de ceux qui figurent dans les programmes de français de tronc commun des classes de seconde et de première générale : l'étude d'une ou deux ½uvres permet de prolonger la réflexion par des groupements de textes, et d'établir avec l'histoire des arts et avec les langues et cultures de l'Antiquité des liens qui enrichissent la compréhension des problématiques abordées. Toutefois, la période indiquée n'est plus associée à un genre, mais à des perspectives d'ouverture et d'approfondissement.
Pour cet enseignement spécifique, l'étude de deux ½uvres au moins et de deux groupements au moins sur une année est obligatoire. Tous les éléments des corpus doivent être pris en compte.
Les extraits qui constituent les groupements de texte (cf. infra les corpus ) ne font pas obligatoirement l'objet d'une lecture analytique ; certains d'entre eux peuvent être abordés dans le cadre de lectures cursives, selon le projet du professeur. Les textes et documents ouvrant sur l'histoire des arts et sur les langues et cultures de l'Antiquité pourront trouver place au sein des groupements : ils ne constituent pas nécessairement des ensembles séparés.
Vers un espace culturel européen : Renaissance et humanisme
L'objectif est d'élargir le champ des références culturelles des élèves et de leur faire découvrir, à partir de textes littéraires de divers genres, un mouvement culturel et artistique d'ampleur européenne. On s'attache à leur donner une vue d'ensemble des grands traits de l'humanisme renaissant, de son histoire, des valeurs qu'il promeut et des mutations religieuses, éthiques, scientifiques et esthétiques qui en accompagnent le développement. On amène les élèves à réfléchir sur les sources antiques de la culture européenne et à découvrir les racines communes des représentations et des valeurs qui transcendent la diversité des langues et des États. On les conduit ainsi à prendre conscience du fait que, par le biais des échanges et de la circulation des idées et des formes, la littérature, les arts et la culture constituent un des domaines premiers où s'élabore une conscience européenne et où se fonde la possibilité même d'une communauté.
Le professeur peut choisir de partir de l'étude d'une ½uvre appartenant à la littérature française du XVIème siècle (en version modernisée si nécessaire) et de créer des relations avec d'autres genres et d'autres littératures, pour aborder certaines problématiques liées à l'humanisme européen : l'éducation, la beauté, microcosme et macrocosme, l'utopie, la liberté, par exemple. Il peut également choisir la démarche inverse et partir d'un groupement incluant des textes de littératures européennes. On permet ainsi aux élèves d'entrer dans quelques perspectives de littérature comparée et on les amène, en liaison avec les professeurs de langue, à réfléchir sur la question de la traduction.

Corpus :
- Une ½uvre ou de larges extraits d'une ½uvre française du XVIème siècle permettant d'aborder tel ou tel aspect essentiel de l'humanisme et susceptible de donner lieu à des prolongements dans d'autres textes des littératures européennes, de la Renaissance à nos jours.
- Un ou deux groupements de textes comportant des extraits d'½uvres appartenant aux littératures européennes et permettant d'élargir la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. Le professeur veille à proposer des textes appartenant aux littératures des pays d'Europe et, éventuellement, à d'autres époques que celle de l'½uvre étudiée par ailleurs. Il peut par exemple, dans ces groupements, faire percevoir les liens qui existent entre l'humanisme renaissant et les Lumières, ou suivre jusque dans les littératures contemporaines les prolongements de certaines de ses idées et de ses formes.
- En liaison avec les langues et cultures de l'Antiquité, un choix de textes et de documents qui permette aux élèves de revenir aux sources et de se réapproprier l'héritage antique, afin de donner aux problématiques abordées une profondeur historique. Il appartient au professeur, dans le cadre de son projet et en fonction des questions abordées, de définir les corpus de textes et de documents anciens susceptibles de nourrir et d'éclairer la réflexion.
- En liaison avec l'histoire des arts, un choix de textes et de documents donnant à comprendre aux élèves comment la peinture, la sculpture et l'architecture de la Renaissance contribuent à la valorisation de l'homme, à la redéfinition de sa place dans le monde, à la célébration de sa beauté et de ses pouvoirs.

Les réécritures, du XVIIème siècle jusqu'à nos jours

L'objectif est de faire réfléchir les élèves sur la création littéraire en l'abordant sous l'angle des relations de reprise et de variation par rapport aux ½uvres, aux formes et aux codes d'une tradition dont elle hérite et dont elle joue. On leur fait ainsi prendre conscience du caractère relatif des notions d'originalité et de singularité stylistique, et du fait que l'écriture littéraire suppose des références et des modèles qui sont imités, déformés, transposés en fonction d'intentions, de situations et de contextes culturels nouveaux. On aborde dans cette étude les questions de genre, de registre et d'intertextualité et on travaille sur les phénomènes de citation, d'imitation, de variation et de transposition. Ce travail sera l'occasion d'entrer plus avant dans l'atelier de l'écrivain, mais aussi d'aborder l'½uvre dans son rapport au contexte historique et social qui la détermine.
Le professeur s'appuie sur les reprises et les variations afin de faire percevoir aux élèves les décalages d'un texte à l'autre, et surtout leur sens et leur valeur. On a soin de faire servir les analyses à une véritable interprétation des textes étudiés, sans isoler les procédés et en accordant aux éléments de contextualisation leur nécessaire importance. Le choix d'une entrée particulière - le traitement d'un mythe, la figure d'un héros ou la variation sur un type de personnage, par exemple - peut permettre d'aborder les problématiques de réécriture de manière plus concrète.

Corpus :
- Deux ½uvres (ou de larges extraits présentant une forte unité) - appartenant éventuellement à des genres différents - permettant la convocation d'une version de référence et sa mise en regard avec sa ou ses réécritures.
- Un ou deux groupements de textes qui élargissent et structurent la culture littéraire des élèves et les incitent à problématiser leur réflexion. Le professeur veille à proposer dans ces groupements des textes qui permettent aux élèves de percevoir la nature et le sens des écarts, des variations et des transpositions.
- En liaison avec les langues et cultures de l'Antiquité, un choix de textes et de documents qui éclairent la notion même de réécriture en partant du traitement littéraire d'un mythe, ou d'une figure héroïque ou dramatique.
- En liaison avec l'histoire des arts, un choix de textes et de documents qui fassent comprendre aux élèves comment la peinture et la sculpture, mais également l'opéra, le cinéma et les arts visuels s'approprient, par exemple, un mythe, une figure héroïque, un type de personnage.

L'étude de la langue
L'étude de la langue se poursuit en classe de première : il s'agit de mettre les connaissances acquises au service de l'expression écrite et orale ainsi que de l'analyse des textes. On cherche à donner aux élèves, par la consolidation et le réinvestissement de ces connaissances, le goût de l'expression juste et la conscience de la liaison entre faits de langue, effets de sens et articulations de la pensée.
Au-delà des rappels nécessaires en matière de grammaire de phrase, l'étude de la grammaire de texte et de la grammaire de l'énonciation se poursuit pour construire une conscience plus complète et mieux intégrée de ces différents niveaux d'analyse.
Pour cela :
- au niveau de la phrase, les éventuelles lacunes en matière de syntaxe doivent être comblées, pour permettre aux élèves d'appréhender la langue comme système ordonné et descriptible ;
- au niveau du texte, on privilégie les questions qui touchent à l'organisation et à la cohérence de l'énoncé, afin de développer la capacité à prendre en compte et à structurer le sens global d'un texte ou d'un propos ;
- au niveau du discours, la réflexion sur les situations d'énonciation, sur la modalisation et sur la dimension pragmatique est développée, dans le but de favoriser la compréhension de l'implicite, des enjeux et des interactions dans toute forme de communication ;
- le vocabulaire fait l'objet d'un apprentissage continué, notamment en relation avec le travail de l'écriture et de l'oral : on s'intéresse à la formation des mots, à l'évolution de leurs significations et l'on fait acquérir aux élèves un lexique favorisant l'expression d'une pensée abstraite.
L'orthographe demeure l'objet d'une attention constante.
Activités et exercices
L'appropriation par les élèves de ces connaissances et de ces capacités suppose que soient mises en place des activités variées favorisant une approche vivante des apprentissages en fonction des besoins des élèves. Le professeur vise, dans la conception de son projet et dans sa réalisation pédagogique, à favoriser cet engagement des élèves dans leur travail. Une utilisation pertinente des nouvelles technologies pourra les y aider.
En outre, des exercices plus codifiés, auxquels on a soin d'entraîner les élèves, permettent de vérifier la construction effective des apprentissages mais aussi de les préparer aux épreuves du baccalauréat. Au minimum, trois évaluations par trimestre, portant sur les différents exercices de l'EAF et constituant des travaux aboutis, doivent être proposées dans les classes.
Il est souhaitable qu'un certain nombre d'activités de lecture, de recherche et d'écriture puissent être réalisées en relation avec le travail mené, au CDI, avec le professeur documentaliste.

Activités
- Pratiquer les diverses formes de la lecture scolaire : lecture cursive, lecture analytique.
- Lire et analyser des images, fixes et mobiles.
- Comparer des textes, des documents et des supports.
- Faire des recherches documentaires et en exploiter les résultats.
- Pratiquer diverses formes d'écriture (fonctionnelle, argumentative, fictionnelle, poétique, etc.).
- S'exercer à la prise de parole, à l'écoute, à l'expression de son opinion et au débat argumenté.
- Mémoriser des extraits.
- Mettre en voix et en espace des textes.
Exercices
- Écriture d'argumentation : entraînement au commentaire littéraire et à la dissertation.
- Écriture d'invention.
- Écriture de synthèse et de restitution.
- Exposé oral.
- Entretien oral.
La pratique de l'ensemble des activités, écrites et orales, favorise l'acquisition des compétences nécessaires à la réussite des exercices codifiés, auxquels on entraîne les élèves en vue des épreuves anticipées de français.

L'ÉDUCATION AUX MÉDIAS EN SECONDE ET EN PREMIÈRE
Durant toute leur scolarité au lycée, les élèves font un usage régulier d'outils et de supports numériques pour chercher, organiser et produire de l'information ou pour communiquer dans le cadre de leur travail scolaire. Par ailleurs, ils sont encouragés à pratiquer des activités utilisant différents médias (radio, presse écrite, audio-visuel principalement). Cet usage courant ne signifie pas pour autant qu'ils en comprennent les logiques fondamentales ni qu'ils aient une conscience claire des enjeux et des incidences de ces technologies sur leurs modes de penser et d'agir. Il est donc nécessaire de leur faire acquérir une distance et une réflexion critique suffisantes pour que se mette en place une pratique éclairée de ces différents supports, en leur montrant ce qu'ils impliquent du point de vue de l'accès aux connaissances, de la réception des textes et des discours, de l'utilisation et de l'invention des langages, comme du point de vue des comportements et des modes de relations sociales qu'ils engendrent.
Le professeur de lettres a un rôle majeur à jouer pour faire acquérir cette compétence aux élèves. Son objectif est de développer leur autonomie afin de les aider à se servir librement et de manière responsable des médias modernes, comme supports de pratiques citoyennes mais aussi créatives. En français, l'accent sera mis sur les questions d'énonciation (comprendre les procédures à l'½uvre dans différents types de textes, de discours et de dispositifs médiatiques, en lien avec leurs conditions de production et de diffusion) et d'interprétation (comprendre comment se construit et se valide une interprétation).
Pour faire acquérir par les élèves cette compétence en matière de culture de l'information et des médias, une collaboration du professeur de lettres avec le professeur documentaliste est vivement recommandée.

L'HISTOIRE DES ARTS EN SECONDE ET EN PREMIÈRE
Au lycée les professeurs de lettres doivent apporter leur contribution à l'enseignement de l'histoire des arts, dans le cadre des programmes de français tels qu'ils sont définis par le présent texte. Aussi, pour chacun des objets d'étude du programme, en seconde comme en première, les corpus intègrent des choix de textes et de documents définis en relation avec l'histoire des arts ou avec les langues et cultures de l'Antiquité.
L'enseignement de l'histoire des arts est transversal et trouve sa place dans l'ensemble des disciplines. Il est d'autant plus naturel que les lettres y prennent leur part, que la littérature occupe parmi les arts une place majeure et que son étude privilégie au lycée deux perspectives complémentaires : celle de l'histoire littéraire et celle de la caractérisation des grands genres. Si la périodisation du programme d'histoire des arts ne correspond pas toujours à celle qui prévaut dans ceux des classes de seconde et de première en français, l'étude des relations entre la littérature et les autres arts est bien un aspect essentiel de cet enseignement dans son ensemble, qui compte parmi ses finalités « le développement d'une conscience esthétique permettant d'apprécier les ½uvres, d'analyser l'émotion qu'elles procurent et d'en rendre compte » (cf. le Préambule).
Cet enseignement contribue en outre de manière essentielle à la constitution d'une culture humaniste qui implique la capacité à établir, dans la profondeur historique, des liens entre les différents arts, à comprendre le jeu de leurs correspondances, mais aussi la spécificité des moyens d'expression et des supports dont ils usent. La nécessaire précision des notions et des analyses dans le cours de français au lycée ne doit pas être ressentie comme un enfermement préjudiciable à la discipline elle-même : les ouvertures vers les autres arts doivent permettre d'enrichir les interprétations, de développer le goût pour les ½uvres et de vivifier les apprentissages.
Les liens ménagés entre certains objets d'étude et les langues et cultures de l'Antiquité mettent en évidence la relation privilégiée entre le français, les langues anciennes et les ½uvres qui nous viennent de l'Antiquité et du Moyen Âge. Cette relation tient également aux valeurs humanistes dont l'école est porteuse et dont la transmission suppose que soient fréquentées les sources encore vives de notre culture. Elle recoupe le plus souvent, dans ces programmes, l'histoire des arts. Tant pour ce qui est du théâtre que pour ce qui concerne la littérature d'idées, en seconde et en première, les indications données ouvrent aux professeurs la possibilité de prendre appui sur des textes et des documents qui renvoient à certaines des thématiques du programme de cet enseignement : champ anthropologique, champ historique et social, et champ esthétique, en particulier.


Bulletin officiel spécial n°3 du 17 mars 2011
Français en classe de 1ère des séries technologiques
NOR : MENE1104134A
arrêté du 8-2-2011 - J.O. du 25-2-2011
MEN - DGESCO A3-1

________________________________________
Vu code de l'Éducation ; arrêté du 16-2-1977 ; arrêté du 14-12-2004 ; arrêté du 1-9-2006 ; arrêtés du 27-5-2010 ; avis du comité interprofessionnel consultatif du 4-2-2011 ; avis du CSE du 9-12-2010
________________________________________
Article 1 - Le programme de l'enseignement de français en classe de première des séries technologiques est fixé conformément à l'annexe du présent arrêté.

Article 2 - Les dispositions du présent arrêté entrent en application à la rentrée de l'année scolaire 2011-2012.

Article 3 - L'arrêté du 5 octobre 2006 fixant le programme d'enseignement de français en classe de première des séries générales et technologiques est abrogé à compter de la rentrée de l'année scolaire 2011-2012.

Article 4 - Le directeur général de l'enseignement scolaire est chargé de l'exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait le 8 février 2011
Pour le ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative
et par délégation,
Le directeur général de l'enseignement scolaire,
Jean-Michel Blanquer
Français - classe de première, séries technologiques
Préambule
Finalités
Le programme de français en classe de première technologique répond à des objectifs qui s'inscrivent dans les finalités générales de l'enseignement des lettres au lycée : l'acquisition d'une culture, la formation personnelle et la formation du citoyen.
Les finalités propres de cet enseignement sont :
- la constitution et l'enrichissement d'une culture littéraire ouverte sur d'autres champs du savoir et sur la société ;
- la construction progressive de repères permettant une mise en perspective historique des ½uvres littéraires ;
- le développement d'une conscience esthétique permettant d'apprécier les ½uvres, d'analyser l'émotion qu'elles procurent et d'en rendre compte à l'écrit comme à l'oral ;
- l'étude continuée de la langue, comme instrument privilégié de la pensée, moyen d'exprimer ses sentiments et ses idées, lieu d'exercice de sa créativité et de son imagination ;
- la formation du jugement et de l'esprit critique ;
- le développement d'une attitude autonome et responsable, notamment en matière de recherche d'information et de documentation.
Ces finalités sont atteintes grâce à une progression méthodique qui prend appui principalement sur la lecture et l'étude de textes majeurs de notre patrimoine. Leur mise en ½uvre s'effectue, à l'écrit comme à l'oral, au travers d'activités variées et d'exercices réguliers qui constituent autant de moyens de construire des connaissances et de développer des capacités chez les élèves.
Compétences visées
Les compétences visées répondent directement à ces finalités.
Elles doivent donner lieu à des évaluations régulières par les professeurs, au cours et à la fin de chaque étape de la formation, ce qui permettra de prévoir l'accompagnement, le soutien ou l'approfondissement adaptés aux besoins des élèves - le but des exercices et des évaluations étant bien de concevoir la mise en ½uvre des programmes en prenant en compte la réalité des besoins de tous les élèves pour les aider à progresser dans les apprentissages et les mener à la réussite.
Il s'agit de :
- Connaître quelques grandes périodes et les mouvements majeurs de l'histoire littéraire et culturelle :
. savoir situer les ½uvres étudiées dans leur époque et leur contexte.
- Connaître les principaux genres auxquels les ½uvres se rattachent et leurs caractéristiques :
. percevoir les constantes d'un genre et l'originalité d'une ½uvre ;
. être capable de lire, de comprendre et d'analyser des ½uvres de genres variés, et de rendre compte de cette lecture, à l'écrit comme à l'oral.
- Avoir des repères esthétiques et se forger des critères d'analyse, d'appréciation et de jugement :
. faire des hypothèses de lecture, proposer des interprétations ;
. formuler une appréciation personnelle et savoir la justifier ;
. être capable de lire et d'analyser des images en relation avec les textes étudiés.
- Connaître les principales figures de style et repérer les effets rhétoriques et poétiques :
. savoir utiliser ces connaissances pour dégager des significations et étayer un commentaire.
- Approfondir sa connaissance de la langue, principalement en matière de lexique et de syntaxe :
. parfaire sa maîtrise de la langue pour s'exprimer, à l'écrit comme à l'oral, de manière claire, rigoureuse et convaincante, afin d'argumenter, d'échanger ses idées et de transmettre ses émotions.
- Acquérir des connaissances utiles dans le domaine de la grammaire de texte et de la grammaire d'énonciation :
. savoir utiliser ses connaissances grammaticales pour lire et analyser les textes.
- Connaître la nature et le fonctionnement des médias numériques, et les règles qui en régissent l'usage :
. être capable de rechercher, de recueillir et de traiter l'information, d'en apprécier la pertinence, grâce à une pratique réfléchie de ces outils ;
. être capable de les utiliser pour produire soi-même de l'information, pour communiquer et argumenter.
L'acquisition de ces connaissances et de ces capacités va de pair avec des attitudes intellectuelles qui se caractérisent par la curiosité, l'ouverture d'esprit, l'aptitude à l'échange, l'appropriation personnelle des savoirs et la créativité.
Mise en ½uvre
Les compétences visées ne s'acquièrent que si elles font l'objet d'apprentissages suivis et méthodiques.
Ces apprentissages permettent de compléter et d'approfondir les questions abordées en seconde et de se perfectionner dans la pratique de certains exercices d'écriture, de lecture et d'expression orale dans la perspective de l'examen final (épreuves anticipées de français).
Le programme tient compte de la nécessité d'évaluer régulièrement les compétences acquises.


PROGRAMME
Présentation générale
Dans la continuité de la classe de seconde, le programme de première technologique vise à élargir chez les élèves la connaissance de la littérature et à en renforcer le goût. Le travail mené en seconde sur des objets relativement circonscrits, afin de donner des repères aux élèves, laisse place en première à une étude qui met en évidence certaines évolutions historiques des genres littéraires. Pour permettre, par ailleurs, un approfondissement de ces connaissances et de la réflexion sur le fait littéraire, ces évolutions sont abordées selon des points d'entrée spécifiques, qui en autorisent une approche plus concrète et plus précise à la fois.
Le travail mené en classe a pour but de consolider et d'enrichir la culture commune acquise au cycle précédent : connaissance des grands genres littéraires, de leurs principales caractéristiques de forme, de sens et d'effets, développement d'une conscience esthétique de la littérature, du goût pour la lecture des ½uvres et pour l'écriture.
Enfin, chaque objet d'étude doit permettre de construire chez l'élève l'ensemble des compétences énumérées plus haut. On s'attache en particulier à rendre l'élève progressivement plus autonome dans sa démarche, qu'elle soit de recherche, d'interprétation ou de production, et à développer une attitude à la fois réflexive et critique par rapport aux objets étudiés.
Le programme de première technologique fixe quatre objets d'étude, qui peuvent être traités dans l'ordre souhaité par le professeur au cours de l'année. Á l'intérieur de ce cadre, celui-ci organise librement des séquences d'enseignement cohérentes, fondées sur une problématique littéraire ; le choix lui est laissé d'aborder chacun de ces objets en prenant appui soit sur une ½uvre, soit sur un groupement de textes. L'étude de deux ½uvres au moins et de deux groupements au moins sur une année est obligatoire.
Les extraits qui constituent les groupements de textes (cf. infra les corpus) ne font pas obligatoirement l'objet d'une lecture analytique ; certains d'entre eux peuvent être abordés dans le cadre de lectures cursives, selon le projet du professeur. Les textes et documents qui ouvrent sur l'histoire des arts ou sur les langues et cultures de l'Antiquité pourront trouver place au sein des groupements : ils ne constituent pas nécessairement un ensemble séparé.
Contenus
Quatre objets d'étude :
- Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours
L'objectif est de montrer aux élèves comment, à travers la construction des personnages, le roman exprime une vision du monde qui varie selon les époques et les auteurs et dépend d'un contexte littéraire, historique et culturel, en même temps qu'elle le reflète, voire le détermine.
Le fait de s'attacher aux personnages permet de partir du mode de lecture qui est le plus courant. On prête une attention particulière à ce que disent les romans, aux modèles humains qu'ils proposent, aux valeurs qu'ils définissent et aux critiques dont ils sont porteurs.
Dans cette appréhension de l'univers de la fiction, on n'oubliera pas que la découverte du sens passe non seulement par l'analyse méthodique des différents aspects du récit qui peuvent être mis en évidence (procédés narratifs et descriptifs notamment), mais aussi par une relation personnelle au texte dans laquelle l'émotion, le plaisir ou l'admiration éprouvés par le lecteur jouent un rôle essentiel.
Pour permettre aux élèves de prendre conscience des évolutions du genre romanesque et enrichir leur culture, le professeur a soin de leur proposer des textes différents de ceux qui ont été étudiés en seconde.
Corpus :
- Un roman, du XVIIème siècle à nos jours, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné : le professeur veille à proposer dans ces groupements des textes ou des documents appartenant à d'autres époques que celle à laquelle appartient le roman étudié par ailleurs, pour mieux faire ressortir les spécificités du genre romanesque à telle ou telle période et dessiner des évolutions en matière d'histoire des formes et des représentations.
- En relation avec l'histoire des arts, un choix de textes et de documents permettant de mettre en évidence les relations existant entre la représentation des personnages et des milieux romanesques et celle qu'en donnent les autres arts - la peinture, la gravure, la sculpture, l'opéra par exemple - à la même époque.
- Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours
L'objectif est de faire découvrir des ½uvres théâtrales qui renouvellent les formes classiques étudiées en seconde, mais aussi de sensibiliser les élèves à l'art de la mise en scène, notamment dans sa capacité à enrichir l'interprétation. La réalisation scénique déterminant profondément l'écriture des textes dramatiques et permettant d'en faire jouer pleinement les effets, on s'attache à faire percevoir aux élèves les interactions entre texte et représentation.
Prenant appui sur une programmation locale ou sur des captations, l'étude proprement littéraire du texte théâtral sera étayée par l'analyse de mises en scène comparées, et prendra ainsi en compte les données propres de la dramaturgie.
Corpus :
- Une pièce de théâtre du XVIIème siècle à nos jours, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire et dramatique des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné : le professeur veille à proposer dans ces groupements des textes et des documents de divers types (iconographiques, sonores, numériques, photographiques, filmiques, etc.) appartenant ou renvoyant à d'autres époques que celles auxquelles appartiennent les pièces étudiées par ailleurs, pour favoriser la conscience des évolutions du genre dramatique. Ces groupements permettront ainsi de mettre en perspective une histoire des formes théâtrales et des représentations.
- En relation avec les langues et cultures de l'Antiquité, un choix de textes et de documents permettant de réfléchir aux fonctions et significations du théâtre dans le monde grec et latin et de les relier avec les conditions de la représentation et son déroulement. La naissance et l'évolution de la tragédie et de la comédie, les dimensions religieuse et civique du théâtre sont ainsi l'objet d'une étude prenant en compte le contexte de création et les spécificités concrètes du théâtre (condition des acteurs, nature du spectacle et des effets recherchés, espace de la représentation, fonction des masques, etc.).
- Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours
L'objectif est d'approfondir avec les élèves la relation qui lie, en poésie, le travail de l'écriture à une manière singulière d'interroger le monde et de construire le sens, dans un usage de la langue réinventé. On fait ainsi appréhender un trait essentiel de la littérature comme « art du langage », faisant appel à l'imagination et à la matérialité sensible de la langue.
Sans négliger l'émotion qui peut s'exprimer et se communiquer à travers les textes poétiques, on s'attache également à contextualiser la lecture de la poésie, en donnant aux élèves des éléments de son histoire, dans ses continuités, ses évolutions et ses ruptures, et en leur faisant approcher les mouvements esthétiques et culturels avec lesquels elle entre en résonance. On met ainsi en relief le rôle et la fonction du poète, souvent aux avant-postes de la littérature et de la culture. Enfin, on attire l'attention sur les phénomènes d'intertextualité, pour construire au fil des lectures une connaissance des repères essentiels à la compréhension des mouvements esthétiques dans lesquels s'inscrit la poésie.
Pour donner une idée de la diversité des formes et des genres poétiques, le professeur peut ancrer son étude sur quelques grands « lieux » de la poésie - dire l'amour, dire la mort, dire le monde, chercher le sens, louer ou dénoncer, exprimer son espoir, sa révolte, etc. - qui permettent d'appréhender cette variété de manière plus concrète. Il a soin de travailler sur des textes différents de ceux étudiés en classe de seconde.

Corpus :
- Un recueil ou une partie substantielle d'un recueil de poèmes, en vers ou en prose, du Moyen Âge à nos jours, au choix du professeur.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves, en les incitant à problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. Le professeur veille ainsi à proposer des textes ou des documents appartenant à d'autres époques que celle du recueil étudié par ailleurs, pouvant aussi relever de genres ou d'arts différents, pour mieux faire ressortir les spécificités de la poésie à telle ou telle période et dessiner des évolutions en matière d'histoire des formes et des représentations.
- En relation avec l'histoire des arts, un choix de textes et de documents permettant de mettre en évidence les relations entre la poésie et d'autres arts, à une époque donnée ou dans le cadre d'un mouvement esthétique particulier. On privilégiera l'étude de mouvements qui marquent des étapes dans la revendication d'un renouveau esthétique. Les relations entre poésie et musique à la Renaissance, le baroque en poésie, mais aussi dans la peinture, la sculpture et l'architecture, les grands traits de l'esthétique surréaliste, par exemple, peuvent faire l'objet d'un travail qui rende sensibles aux élèves les correspondances entre les arts et la singularité de leurs modes et de leurs formes d'expression.
- La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème siècle à nos jours
L'objectif est de permettre aux élèves d'accéder à la réflexion anthropologique dont sont porteurs les genres de l'argumentation afin de les conduire à réfléchir sur leur propre condition. On contribue ainsi à donner sens et substance à une formation véritablement humaniste. Dans cette perspective, on s'attache à mettre en évidence les liens qui se nouent entre les idées, les formes qui les incarnent et le contexte dans lequel elles naissent. Le fait d'aborder les ½uvres et les textes étudiés en s'interrogeant sur la question de l'homme ouvre à leur étude des entrées concrètes et permet de prendre en compte des aspects divers, d'ordre politique, social, éthique, religieux, scientifique par exemple, mais aussi de les examiner dans leur dimension proprement littéraire, associant expression, représentation et création.
Le professeur a soin de donner aux élèves une idée de la diversité des genres de l'argumentation et de leur évolution du XVIème au XXème siècle ; il leur propose à cet effet d'autres textes que ceux qu'ils ont pu étudier en seconde.
Corpus :
- Un texte long ou un ensemble de textes ayant une forte unité, du XVIème siècle à nos jours, au choix du professeur, étudié dans sa composition et son développement aussi bien que dans sa rédaction : essai, discours, pamphlet, recueil de maximes ou de pensées, de fables ou de satires, extraits de correspondances d'écrivains, texte narratif à visée persuasive, etc.
- Un ou deux groupements de textes permettant d'élargir et de structurer la culture littéraire des élèves et de problématiser leur réflexion en relation avec l'objet d'étude concerné. Le professeur veille ainsi, en fonction du projet, à proposer dans ces groupements des textes ou des documents appartenant à d'autres époques que celle à laquelle appartient le texte long étudié par ailleurs, pour mieux faire ressortir les spécificités de telle ou telle période et dessiner des évolutions en matière d'histoire des idées et des formes.
- En relation avec les langues et cultures de l'Antiquité, et dans une perspective humaniste de connaissance des sources, un choix de textes et de documents permettant de retrouver dans les ½uvres antiques les racines de questions et de représentations touchant à la condition de l'homme. Le professeur choisit des ½uvres ou extraits d'½uvres qui ont fait l'objet de reprises et de variations et constituent un héritage vivant à travers les siècles. Les récits de création ou fondation, les tragédies, les poèmes, mais aussi les tableaux, fresques et sculptures pourront ainsi nourrir une réflexion anthropologique que l'étude des genres de l'argumentation aura permis d'aborder selon des angles différents mais complémentaires.
L'étude de la langue
L'étude de la langue se poursuit en classe de première : il s'agit de mettre les connaissances acquises au service de l'expression écrite et orale ainsi que de l'analyse des textes. On cherche à donner aux élèves, par la consolidation et le réinvestissement de ces connaissances, le goût de l'expression juste et la conscience de la liaison entre faits de langue, effets de sens et articulations de la pensée.
Au-delà des rappels nécessaires en matière de grammaire de phrase, l'étude de la grammaire de texte et de la grammaire de l'énonciation se poursuit pour construire une conscience plus complète et mieux intégrée de ces différents niveaux d'analyse.
Pour cela :
- au niveau de la phrase, les éventuelles lacunes en matière de syntaxe doivent être comblées, pour permettre aux élèves d'appréhender la langue comme système ordonné et descriptible ;
- au niveau du texte, on privilégie les questions qui touchent à l'organisation et à la cohérence de l'énoncé, afin de développer la capacité à prendre en compte et à structurer le sens global d'un texte ou d'un propos ;
- au niveau du discours, la réflexion sur les situations d'énonciation, sur la modalisation et sur la dimension pragmatique est développée, dans le but de favoriser la compréhension de l'implicite, des enjeux et des interactions dans toute forme de communication ;
- le vocabulaire fait l'objet d'un apprentissage continué, notamment en relation avec le travail de l'écriture et de l'oral : on s'intéresse à la formation des mots, à l'évolution de leurs significations et l'on fait acquérir aux élèves un lexique favorisant l'expression d'une pensée abstraite.
L'orthographe demeure l'objet d'une attention constante.
Activités et exercices
L'appropriation par les élèves de ces connaissances et de ces capacités suppose que soient mises en place des activités variées favorisant une approche vivante des apprentissages en fonction des besoins des élèves. Le professeur vise, dans la conception de son projet et dans sa réalisation pédagogique, à favoriser cet engagement des élèves dans leur travail. Une utilisation pertinente des nouvelles technologies pourra les y aider.
En outre, des exercices plus codifiés, auxquels on a soin d'entraîner les élèves, permettent de vérifier la construction effective des apprentissages mais aussi de les préparer aux épreuves du baccalauréat. Au minimum, deux évaluations par trimestre, portant sur les différents exercices de l'EAF et constituant des travaux aboutis, doivent être proposées dans les classes.
Il est souhaitable qu'un certain nombre d'activités de lecture, de recherche et d'écriture puissent être réalisées en relation avec le travail mené, au CDI, avec le professeur documentaliste.
Activités
- Pratiquer les diverses formes de la lecture scolaire : lecture cursive, lecture analytique.
- Lire et analyser des images, fixes et mobiles.
- Comparer des textes, des documents et des supports.
- Faire des recherches documentaires et en exploiter les résultats.
- Pratiquer diverses formes d'écriture (fonctionnelle, argumentative, fictionnelle, poétique, etc.).
- S'exercer à la prise de parole, à l'écoute, à l'expression de son opinion et au débat argumenté.
- Mémoriser des extraits.
- Mettre en voix et en espace des textes.
Exercices
- Écriture d'argumentation : entraînement au commentaire littéraire et à la dissertation.
- Écriture d'invention.
- Écriture de synthèse et de restitution.
- Exposé oral.
- Entretien oral.
La pratique de l'ensemble des activités, écrites et orales, favorise l'acquisition des compétences nécessaires à la réussite des exercices codifiés, auxquels on entraîne les élèves en vue des épreuves anticipées de français.
L'éducation aux médias
Durant toute leur scolarité au lycée, les élèves font un usage régulier d'outils et de supports numériques pour chercher, organiser et produire de l'information ou pour communiquer dans le cadre de leur travail scolaire. Par ailleurs, ils sont encouragés à pratiquer des activités utilisant différents médias (radio, presse écrite, audio-visuel principalement). Cet usage courant ne signifie pas pour autant qu'ils en comprennent les logiques fondamentales ni qu'ils aient une conscience claire des enjeux et des incidences de ces technologies sur leurs modes de penser et d'agir. Il est donc nécessaire de leur faire acquérir une distance et une réflexion critique suffisantes pour que se mette en place une pratique éclairée de ces différents supports, en leur montrant ce qu'ils impliquent du point de vue de l'accès aux connaissances, de la réception des textes et des discours, de l'utilisation et de l'invention des langages, comme du point de vue des comportements et des modes de relations sociales qu'ils engendrent.
Le professeur de lettres a un rôle majeur à jouer pour faire acquérir cette compétence aux élèves. Son objectif est de développer leur autonomie afin de les aider à se servir librement et de manière responsable des médias modernes, comme supports de pratiques citoyennes mais aussi créatives. En français, l'accent sera mis sur les questions d'énonciation (comprendre les procédures à l'½uvre dans différents types de textes, de discours et de dispositifs médiatiques, en lien avec leurs conditions de production et de diffusion) et d'interprétation (comprendre comment se construit et se valide une interprétation).
Pour faire acquérir par les élèves cette compétence en matière de culture de l'information et des médias, une collaboration du professeur de lettres avec le professeur documentaliste est vivement recommandée.
L'histoire des arts
Au lycée les professeurs de lettres doivent apporter leur contribution à l'enseignement de l'histoire des arts, dans le cadre des programmes de français. Aussi, pour chacun des objets d'étude du programme, les corpus intègrent des choix de textes et de documents définis en relation avec l'histoire des arts ou avec les langues et cultures de l'Antiquité.
L'enseignement de l'histoire des arts est transversal et trouve sa place dans l'ensemble des disciplines. Il est d'autant plus naturel que les lettres y prennent leur part que la littérature occupe parmi les arts une place majeure et que son étude privilégie au lycée deux perspectives complémentaires : celle de l'histoire littéraire et celle de la caractérisation des grands genres. Si la périodisation du programme d'histoire des arts ne correspond pas toujours à celle qui prévaut dans celui de première en français, l'étude des relations entre la littérature et les autres arts est bien un aspect essentiel de cet enseignement dans son ensemble, qui compte parmi ses finalités « le développement d'une conscience esthétique permettant d'apprécier les ½uvres, d'analyser l'émotion qu'elles procurent et d'en rendre compte » (cf. le Préambule).
Cet enseignement contribue en outre de manière essentielle à la constitution d'une culture humaniste qui implique la capacité à établir, dans la profondeur historique, des liens entre les différents arts, à comprendre le jeu de leurs correspondances, mais aussi la spécificité des moyens d'expression et des supports dont ils usent. La nécessaire précision des notions et des analyses dans le cours de français au lycée ne doit pas être ressentie comme un enfermement préjudiciable à la discipline elle-même : les ouvertures vers les autres arts doivent permettre d'enrichir les interprétations, de développer le goût pour les ½uvres et de vivifier les apprentissages.
Les liens ménagés entre certains objets d'étude et les langues et cultures de l'Antiquité mettent en évidence la relation privilégiée entre le français, les langues anciennes et les ½uvres qui nous viennent de l'Antiquité et du Moyen Âge. Cette relation tient également aux valeurs humanistes dont l'école est porteuse et dont la transmission suppose que soient fréquentées les sources encore vives de notre culture. Elle recoupe le plus souvent, dans ces programmes, l'histoire des arts. Tant pour ce qui est du théâtre que pour ce qui concerne la littérature d'idées, les indications données ouvrent aux professeurs la possibilité de prendre appui sur des textes et des documents qui renvoient à certaines des thématiques du programme de cet enseignement : champ anthropologique, champ historique et social, et champ esthétique, en particulier.


NOUVEAUX PROGRAMMES DE FRANCAIS 2° et 1° S ES L et STI - BOEN







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#Posté le jeudi 26 mai 2011 03:37

Les raisons impératives pour devenir ou pour rester poètes. Dissertation corrigée.

 Les raisons impératives pour devenir ou pour rester poètes.   Dissertation corrigée. OB
DISSERTATION – POESIE
« Qu'on s'en persuade : il nous a bien fallu quelques raisons impérieuses pour devenir ou pour rester poètes » écrit Francis Ponge dans un article intitulé « Des raisons d'écrire » (publié dans le recueil «  Proêmes », - éditions NRF - collection Poésie/Gallimard – page 162 - Paris, 1948). Quelles peuvent être, selon vous, ces raisons irrépressibles, impératives ? Vous tenterez de répondre à cette question en vous appuyant sur les textes poétiques (en vers ou en prose) étudiés en classe, mais aussi sur vos lectures personnelles.
 
INTRODUCTION
 [alinéa 1 : entrée en matière, avancée vers le sujet de la dissertation]
              Poème : « une série de pieds », indiquera  le cruciverbiste. N'en déplaise aux amateurs de mots croisés,  la poésie, ce sont des mots, de minuscules organismes vivants, comme des taches de couleur, de douceur, saupoudrées sur la réalité de notre vie quotidienne... Ouvrage nécessaire ? Un exercice pédagogique plein d'artifices scolaires ? Un divertissement ludique, à l'image des comptines, rondes et jeux de colin-maillard ou du corbillon de nos maternelles ? Des mots doux de nos idylles de jeunesse, de nos premières amours? Une poussée de fièvre  pour nos contingents de jeunes bacheliers ? Un passe-temps raffiné  pour quelques dandys oisifs ?  Le poète ne serait-il qu'un amateur de mots bizarres, alambiqués, dont le  romantisme à l'eau de rose  ferait grincer les portes d'armoire de nos grands-mères ? Faut-il se contenter de ces images de carte postale ? Après tout, l'écrivain-poète aurait pu décider de devenir bûcheron...
[alinéa 2 – formulation du sujet, citation de l'auteur, ou bien  une reformulation personnelle du libellé]
             Dans son recueil intitulé « Proêmes », qui fut publié en 1948, Francis Ponge se laisse aller à la réflexion suivante : « Qu'on s'en persuade : il nous a bien fallu quelques raisons impérieuses pour devenir ou pour rester poètes ». Jeunes auteurs pleins de talent ou écrivains confirmés qui attendent la relève,  qu'est-ce qui pousse ces gens à devenir les ambassadeurs des Belles Lettres ? On se doute bien qu'il s'agit pour tout écrivain d'aller quelque part ! Cicéron, déjà, s'exclamait : « Nascuntur poetae, fiunt oratores » (on naît poète, on devient orateur). Si l'on s'en tient à cette mise en garde, l'écriture poétique n'est pas un don du ciel.
[alinéa 3 : annoncer le plan, énoncer les deux grandes lignes directrices de son développement]
   La première question que nous nous poserons est de savoir ce que dit, ce que raconte la poésie pour rendre compte de cette obligation d'écrire. Puis, nous évoquerons une autre obligation : celle d'une rencontre, d'échanges, qui peuvent conduire à de singulières contagions.
 
I. L'écrivain poète : de la nécessité d'écrire comme preuve de son existence ...
 
A. La technique, la délicatesse de la langue poétique : les impératifs linguistiques, esthétiques...
 
De quel registre s'agit-il ? Poésie lyrique, élégiaque, épique, morale, biblique, pastorale, bucolique, didactique, érotique, satirique, philosophique ? De quelle appartenance ? Classique, romantique, parnassienne, symboliste, surréaliste ? De quelle forme ? Poésie en vers ? Poème en prose ? Prose poétique ? Ce genre littéraire nécessite une aptitude particulière, indispensable même, à une forme de langage caractéristique.
- la poésie est avant tout une mécanique du texte dominée par la préoccupation du langage : l'écriture est le lieu de la remise en question de la parole, de son utilité, de ses finalités. L'impératif créatif peut s'énoncer ainsi : le poète est, en tout premier lieu, un grand défenseur de la langue française, un amoureux des mots, un spécialiste chevronné du langage. Toute sa carrière est construite autour des mots. Incontestablement, l'érudition linguistique ordonne de façon absolue le travail poétique. Du Bellay [1522-1560]  ne l'ignorait pas, lui qui considérait  dans « La Deffence et Illustration de la langue françoyse » (1549) que la poésie était la langue des artistes.  Dès la Renaissance, Joachim Du Bellay, Guillaume Du Bartas [1544-1590], mais aussi Ronsard, Rabelais et Montaigne, se préoccupent d'enrichir notre langue (introduction dans la langue usuelle de mots techniques,  étrangers, dialectaux, de mots vieillis, de néologismes, de provincialismes, de mots composés, de diminutifs). Au XVIIème siècle, c'est Nicolas Boileau  [1636-1711] qui va reprendre le flambeau dans son « Art poétique » (1674), un manifeste satirique dans lequel l'auteur rappelle que cet art est un métier exigeant. Tout le monde connaît ses vers fameux : « Hastez-vous lentement & sans perdre courage./Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage./Polissez-le sans cesse & le repolissez./ Ajoûtez quelque fois, & souvent effacez » (Art Poétique, vers 171 à 174). L'enrichissement du style, les figures rhétoriques, la nécessité du travail, sont pour ces théoriciens des qualités, des conditions  exigées impérativement pour exercer le métier poétique. Bref, l'inspiration, cette « félicité de nature », comme disait Du Bellay ne suffit pas, loin de là. On pourrait évoquer également les calligrammes de Guillaume Apollinaire (poèmes qui forment sur la page un graphisme, un dessin, dans le recueil éponyme publié en 1918), ou bien encore les « Exercices de style » de Raymond Queneau (parus en 1947, ces textes racontent 99 fois de suite la même histoire, mais de 99 façons différentes) ou les extravagances du Séminaire de Littérature Expérimentale (devenu par la suite le mouvement Oulipo, fondé en 1960), pour mieux dire le rôle incontournable des contraintes formelles dans la combinatoire poétique...Il n'existe peut-être pas de poète de génie, mais le génie est d'abord le propre de la langue !
- l'écriture poétique repose sur une obligation  absolue : la nécessité d'un choix  des mots, de se lire, de se relire, de se corriger ; l'impératif est d'abord linguistique ; mais il est aussi esthétique : il est indispensable pour l'écrivain de dire des choses qui n'appartiennent qu'à lui seul ; la beauté s'impose en raison de l'imitation originale ; la poésie nécessite une perfection de l'exécution qui fait qu'on la regarde longuement, qu'on s'y attarde, pour mieux en subir l'attraction magique...
- rien à voir avec le thriller, le roman policier ou le roman noir, vite écrits, vite lus et il faut bien l'avouer, vite oubliés ! Rien à voir avec l'agitation chronique de la course aux prix Goncourt, Renaudot, Médicis, Femina,  Albert Londres ! La poésie est un art qui réclame finesse, intelligence et culture, dans la combinaison des mots. Elle fait tout parler, les sons, les lettres, et même les virgules ; elle fait se coaguler des images pour donner un sens à ce que notre ½il ne perçoit même pas : les richesses de la vie... Paul Verlaine [1844-1896] fut sans doute le poète le plus scrupuleusement respectueux de la ponctuation, de la musicalité du vers (Mon rêve familier publié en 1869 dans les Poèmes saturniens)  et le maître incontesté du  rythme impair (dans Chanson d'automne - Paysages tristes - 1866).  Le plus grand musicien du vers, qui aimait l'argot, les mots populaires, et même  les expressions les plus plates,  tonnait contre la grandiloquence académicienne : « Prends l'éloquence et tords-lui son cou » (recueil « Jadis et naguère » - 1884). Pas étonnant que Verlaine, qui a inspiré Ravel, Debussy, ou Fauré, ait été  immortalisé dans les chansons de  Léo Ferré ou de Serge Gainsbourg.
- la poésie amoureuse de la nature, les forêts et lacs chez Lamartine, les animaux domestiques dans les bestiaires d'Apollinaire et Jules Renard ; des poésies au milieu de nulle part aussi, qui font que nous sommes ailleurs, sans savoir exactement où ; la densité charnelle des mots poétiques d'Apollinaire se réduit  parfois à une simple épigramme faite d'un seul vers, d'un monostiche : « Et l'unique cordeau des trompettes marines » (évocation du violon de nonne dans le poème « Chantre », recueil « Alcools » , 1913). Un texte qui n'est plus un texte, une phrase qui n'est pas une phrase, et qui attendra un verbe qu'il est vain d'attendre... Une poésie de nulle part, ou bien du calembour. On est loin du polar ou des mangas.
- mais aussi, des poésies de quelque part ; un talent descriptif incomparable qui laisse au lecteur le sentiment, la sensation d'être enfermé pour l'éternité dans une nature indéfinissable (Ronsard, Victor Hugo, Rimbaud, Verhaeren, Apollinaire encore et toujours). La poésie de la nature, le bon endroit pour pleurer (« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé » - « Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,/Dans la nuit éternelle emportés sans retour,/Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges /Jeter l'ancre un seul jour ? »  -  in  Méditations poétiques de Lamartine - 1820), ou  pour s'ébattre (« Le bonheur est dans le pré./Cours-y vite, cours-y vite./Le bonheur est dans le pré./Cours-y vite, il va filer » - Paul Fort – 1917).  
- une myriade de personnages dans un croisement de portraits, d'attitudes, de moments de la vie qui nous permettent de devenir ce que nous sommes. La poésie est un itinéraire de vie : on commence par les inoxydables feuillets de Maurice Carême, de Guillevic  ou de Maurice Rollinat (« La biche brame au clair de lune ») ou bien les ballades de Paul Fort (« Complainte du petit cheval blanc », reprise en ch½ur comme il se doit  avec Georges Brassens)  à la maternelle pour finir par le redoutable Saint-John Perse en classe de Terminale littéraire, c'est dans le code !
- une nécessité qui n'admet aucune contestation : dire la beauté du monde ; la poésie est un art alchimique pour le peintre de la vie parisienne que fut Baudelaire dans ses «Petits poèmes en prose » - 1869). Dans son recueil Les fleurs du mal, il déclare : « tu m'as donné ta boue et j'en ait fait de l'or ». Pour ce rôdeur de la cité parisienne, l'activité poétique doit métamorphoser la laideur du monde pour mieux y déceler la beauté...
 
B. Le poète, un conteur impulsif,  impénitent, un penseur solitaire et rebelle : l'impératif de la vérité et de l'authenticité...
 
- toutes nos poésies sont traversées par le même souci : révéler  à la fois la beauté et la fragilité du monde. La poésie est rendue nécessaire parce qu'elle nous parle de la vie, elle est une porte qui s'ouvre sur le monde (ce qui est le cas des fables, écrites en vers par La Fontaine).  Elle nous explique comment vivre, c'est une nécessité morale; les grands thèmes de la tradition poétique, à savoir l'amour ou l'amitié, le temps qui passe et la mort, la souffrance et l'espérance, montrent bien que ce langage répond à un besoin irrépressible et qu'il représente la preuve de la propre existence de l'écrivain.  La littérature poétique est l'occasion, fugitive, Francis Ponge l'a répété, de nous montrer souvent ce que l'on ne voit même pas : l'artiste prend le « parti des choses » pour rendre justice à leur « évidence muette ».
-les souffrances, les  violences infligées aux enfants (« Le Joujou du pauvre » de Charles Baudelaire,  « Les Effarés », « Les orphelins » de Rimbaud),  le thème de la traite humaine (« La Belle Dorothée » de Baudelaire, les poèmes de la négritude  de Senghor ou Césaire) : rien ne peut endiguer l'élan de ces artistes, rien ne peut arrêter les esprits libres soucieux de lever tous les tabous... Le but du poète consiste à être la voix de tout ce qui est muet. Bien des odes poétiques sont des appels à l'instinct de survie, au stoïcisme : « Gémir, pleurer prier est également lâche./ Fais énergiquement ta longue et lourde tâche / Dans la voie où le sort a voulu t'appeler, / Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler » (les Destinées, Alfred de Vigny, vers publiés en 1864 après la mort de l'auteur).
-des cris déchirants pour les déboires sentimentaux, les vertiges de la passion amoureuse (déjà, dans les « Lais » de Marie de France  au XIIème siècle), la soif d'amour, des mots discrets et pleins de charme qui se lisent en silence, les poètes de la mélancolie (« Les colchiques » « Le pont Mirabeau » de Guillaume Apollinaire – Alcools – 1913). Combien de rondeaux ont pu servir d'invitation à l'amour. Citons par exemple ces vers de François Rabelais dans son roman « Pantagruel » publié en 1532 : Tort ne vous fays, si mon cueur vous decelle, / En remonstrant comme l'ard l'estincelle / De la beaulté que couvre vostre atour; / Car rien n'y quiers, sinon qu'en vostre tour / Me faciez de hait la combrecelle /Pour ceste foys.
- écrire des poèmes ne relève pas de la nécessité la plus exécrable, celle des bons sentiments. Non, l'entreprise impose de savoir résister à ces tentations futiles. Mais combien de poèmes d'amour nous extirpent d'une sexualité tristement brutale... même si les passions inévitables conduisent à des tragédies finales (« Le Lac » de Lamartine, les « Nuits » d'Alfred de Musset, par exemple). Même les livres sapientiaux de la Bible hébraïque (Ancien Testament pour les chrétiens) n'échappent pas à l'attraction de l'émotion sensuelle, de la volupté érotique, à l'inclination aux désirs sensuels qui nous ramènent toujours à l'éternel fugitif du plaisir : « Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche !/ Tes caresses sont plus douces que le vin,/ quand elles se mêlent à l'odeur de tes parfums exquis... » (Cantique des cantiques, traduit de l'hébreu par Ernest Renan en 1886, éditions La Musardine, Paris, 2000 – texte récité lors de Pessah, la Pâque juive).
- le langage poétique  nous permet de détecter ce qui est vérité ou mensonge dans notre vie, même s'il ne vise pas une spéculation théorique ; le moment poétique est une heure de vérité, mieux,  une épreuve de vérité ... qui n'est sans doute pas celle d'un sociologue, d'un psychiatre ou d'un anthropologue ; les mots ont l'ambition de poser des questions qui ne concernent pas seulement la littérature : écrire permet de dissiper la distance qui peut séparer un individu de sa propre histoire ; cette littérature nous permet aussi, à nous, lecteurs,  de comprendre ce qui nous arrive ; écrire de la poésie, sans but spéculatif précis (actualisé dans un discours argumenté) est une démarche d'appropriation de la vérité qui n'est pas si éloignée des pratiques à visée philosophique (les poèmes de la résistance de Boris Vian, comme L'évadé, Le déserteur, de Paul Eluard, La victoire de Guernica (1938), toute la littérature de la résistance, celle de Robert Desnos [1900-1945], Ce c½ur qui haïssait la guère, etc...  
 
II. Faire le choix d'écrire de la poésie, c'est se mettre dans la nécessité de se faire connaître.
 
A.  Trouver un lecteur...
 
- la poésie sous toutes ses formes est un terreau culturel, un vecteur d'une culture, parfois élitiste, certes, mais aussi populaire. Même si le style peut prendre le pas sur  l'histoire, on oppose parfois trop artificiellement la littérature d'idées qui nous assène ses thèses et les ½uvres poétiques ; même si le poème rompt bien souvent avec la linéarité du roman, d'ailleurs très convenue celle-là aussi, il faut bien l'admettre. Prenons pour exemple le poète Aimé Césaire [1913-2008], qui a rêvé toute sa vie,  comme Léopold Sédar Senghor [1906-2001],  de porter le coup fatal à l'exploitation des hommes, qui a combattu le racisme, dénoncé l'ordre esclavagiste, le néo-colonialisme. « Ma poésie parle pour moi », répétait-il : « Mon nom : offensé ; mon prénom : humilié ; mon état : révolté ; mon âge : l'âge de pierre. Ma race : la race humaine. Ma religion : la fraternité » (Et les chiens se taisaient – revue panafricaine Présence africaine – 1958). Aimé Césaire est entré au Panthéon il y a quelques jours pour rejoindre Victor Schoelcher, Toussaint Louverture, aux côtés de Voltaire, Condorcet, Victor Hugo, Zola, André Malraux, etc... En définitive, « rester poètes », c'est « faire entendre la voix d'un homme » (Ponge).
- l'une des raisons les moins avouables de l'écrivain-poète, être publié chez Gallimard, Flammarion, Po&sie, qui sont des instruments de la médiatisation de la parole poétique ; quel est l'auteur de talent qui n'a pas rêvé de voir ses écrits poétiques publiés dans  la prestigieuse collection de la Pléiade ? Une façon sûre d'accéder à l'immortalité, disons plus modestement, à la consécration. Mieux vaut être « pléiadisé », « nobelisé », que « placardisé » ! L'obsession la plus impérieuse de l'écrivain, c'est la diffusion de son ½uvre ! Toutes les fugues du jeune Rimbaud n'eurent  pas d'autres raisons...
-le poète n'est pas un rêveur tranquille, indifférent aux vicissitudes financières, donc aux ventes de ses propres ouvrages, même s'il faut reconnaître qu'il y a des moyens bien plus simples pour gagner de l'argent ; c'est un travailleur, un artisan des mots : les ½uvres d'art littéraires font partie de l'univers de la création artistique ; l'acte d'écrire comme l'acte de lire est un geste artisanal tout en nuance et en délicatesse. Peut-être aussi un acte de folie aussi pour l'artiste (« A moi. L'histoire d'une de mes folies », écrit Rimbaud à l'entame de son poème « Alchimie du Verbe » dans son recueil  « Une saison en enfer »), qui réalise cette alchimie de la création en se déportant hors de lui-même pour dire quelque chose d'inouï et « saluer la beauté » (du même auteur, le poème en prose « Aube » dans les « Illuminations »).
- le Printemps des poètes permet aussi de composer des textes selon l'inspiration du moment, guidée  par  des thèmes (« D'infinis paysages » en 2011) : une opération qui compte  chaque année environ 12 000 manifestations, destinée à faire rayonner la littérature dans nos vies ...
- prendre le parti d'écrire de la poésie, c'est chercher à avoir un public de lecteurs inconnus, pour transmettre non seulement ses pensées, ses rêves, mais aussi une culture qui reste une chose de première nécessité pour toute civilisation cultivée
- la poésie, loin d'être une rumination mortifère, est aussi une relation de c½ur à c½ur : c'est une manière d'être autrement avec les gens que dans la défiance, la crainte ou  la peur ; elle possède un pouvoir de cristallisation dans un monde glacé par la méfiance maladive qui nous rend si solitaires et si indifférents ;
- écrire n'a rien de narcissique parfois : le but de toute parole c'est de rencontrer un lecteur ; comme pour le musicien qui ne joue pas que  pour lui seul, le poète se donne pour noble mission (ou tâche ingrate) de procurer le plaisir de lire ... beaucoup de nos grands poètes se sont fixés ce but élevé, pour eux, cette raison est plus qu'impérieuse, elle est absolue ; ni victoire, ni vaincus dans cette odyssée poétique des mots : on a toujours l'impression que le poème fait attention à nous, comme s'il avait été écrit rien que pour nous...même s'il peut provoquer bien des tumultes dans notre esprit
- autre nécessité pour accomplir cette tâche déterminée, autre raison inavouable : se guérir... l'écriture comme la lecture de chevet est une thérapie ; elle permet au créateur, au lecteur, de se consoler des blessures intimes : ceux qui souffrent de la solitude ou de l'abandon trouvent refuge dans cette « bibliothèque intérieure » que représente la poésie ; finalement, on lit comme on rêve ; il  faut bien une nécessité impérieuse pour expliquer que l'on gambade d'un texte à l'autre et découvrir enfin une pépite. Le lecteur poète est d'humeur vagabonde, il aime à se laisser surprendre par des beautés fugaces : les anthologies poétiques servent à cela, elles  nous invitent au feuilletage, au butinage ; ces encyclopédies lilliputiennes, aux allures de systèmes par répartition, nous invitent à partager un butin... Et que de belles résonances entre un François Villon [1431-1463] et ses célèbres ballades et épitaphes (« Allé s'en est, et je demeure/Pauvre de sens et de savoir,/ Triste, failli, plus noir que mûre » - Le Testament, 1456), un Rimbaud [1854-1891], dans sa Chanson de la plus haute tour (« Qu'il vienne, qu'il vienne, / Le temps dont on s'éprenne » - Une saison en enfer – Délires II – 1873) et le poète mal aimé, Guillaume Apollinaire (refrain du Pont Mirabeau - « Vienne la nuit sonne l'heure / Les jours s'en vont je demeure » - Alcools – 1912)
- que la vie d'un écrivain, d'un lecteur serait morne sans l'écriture, sans la lecture, la poésie nous permet de ne pas nous laisser ensevelir sous les clichés, la platitude du « passez-moi le sel », dans la pénombre de la médiocrité désespérante et de « l'agitation sordide des hommes » (Proêmes, p. 184).
[phrase de transition vers la seconde sous-partie]
Quelles autres  « raisons  impérieuses » invoquer ? Francis Ponge nous donne la réponse lui-même : « L'on devrait pouvoir à tous poèmes donner ce titre : Raisons de vivre heureux » (ibid. page 166).
 
B. Rester poète, ou de l'empathie universelle
 
- loin des stéréotypes dominants, la poésie réinvente, inlassablement le monde qui nous entoure, une littérature certes désenchantée, bien souvent, mais qui relève un défi ; toute parole est susceptible de devenir poétique dans la mesure où elle échappe au tintamarre de la vulgarité médiatique ; le troubadour fabrique de la belle ouvrage, et pourtant, il n'est pas le seul à vouloir rester impérativement « poète »...
-que de proverbes (livre proverbes) et dictons (boire à tire-larigot, avoir du foin  dans ses bottes... les dictons, « un trésor légué par des générations de petites gens » (« Encyclopédie des proverbes et dictons de France » Editions Hachette – 1986)  où la poésie des images se faufile en catimini. Ces dictons ne vous mettent pas que du plomb dans la tête, mais aussi des formules qui vous ravissent ; sans parler de ces almanachs ou calendriers agricoles qui vous annoncent le beau temps ou des anecdotes avec une simplicité aussi rude qu'édifiante : « Si le soir du jour des Rois, // Beaucoup d'étoiles tu vois, // Auras sécheresse en été, // Et beaucoup d'½ufs au poulailler... »
- la prose  dans l'univers romanesque : le roman est un monde plurilingue, qui laisse entendre, notamment chez Céline,  une expression poétisée : « La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas », « être seul, c'est s'entraîner à la mort », « la guerre et la maladie, ces deux infinis du cauchemar ». Dans le « Voyage au bout de la nuit », d'où sont extraites ces phrases, Louis-Ferdinand Céline ose même l'impensable : décrire des latrines publiques de la ville de New-York !  Il suffit de parcourir les quelques lignes consacrées à ce cloaque immonde pour mesurer le lyrisme expressif  de l'écriture célinienne. La poésie est indéracinable de l'écriture romanesque, chez Zola, Marcel Aymé ou Malraux.  Dans la Condition Humaine, à propos de l'amour, l'auteur lâche ces mots d'une infinie tristesse : « Nous aimons beaucoup connaître d'un autre ce qui le fait esclave ». La poésie n'a pas besoin de coups de clairon ni de marque-pages ! Il est des manières d'écrire bien mystérieuses qui rapprochent inévitablement la poésie d'autres genres littéraires. Ce qui est le cas pour le théâtre classique : l'expression dramatique a souvent recours au vers alexandrin. Beaucoup de pièces de Molière [1622-1673], par exemple, sont écrites exclusivement en vers. Au théâtre, l'expression poétique peut renouveler la causerie la plus plate ou banale d'une manière flamboyante. Traduire, de la manière la moins conventionnelle du monde,  même les éclats de rire les plus grossiers. Prenons la tirade de Philaminte qui exprime ainsi ses cris de joie : « On n'en peut plus, on pâme, on se meurt de plaisir » (Les Femmes savantes - 1672). La poésie des textes est parfois inséparable d'autres formes d'expression artistique, comme la peinture  - voir les aquarelles du conte poétique et philosophique Le Petit Prince, dessinées entre 1942 et 1943 par Antoine de Saint-Exupéry [1900-1944].
 
- ceci dit, les mots poétiques ne sont pas que le ressassement de la douleur, de la gaieté folâtre ou autres dispositions de l'esprit ; le poète, un magicien des mots, cherche à partager avec l'élite cultivée le plaisir d'inventer des mots ; fauteurs de barbarismes, les écrivains sont tous des illusionnistes. Mais à l'inverse, ils sont aussi à l'occasion  archéologues ; ils peuvent faire revivre, comme Claude Duneton ou le chansonnier Pierre Perret   des mots introuvables aujourd'hui ; le poète peut  tirer de leur orphelinat les mots tombés en disgrâce ou entraînés dans l'irréparable oubli...
- la poésie, les mots se suffisent à eux-mêmes : le plaisir de jouer avec la signification des mots s'exprime dans les meilleures loufoqueries dadaïstes d'un Tzara, dans les forfanteries littéraires d'un Perec, d'un Jacques Prévert ou d'un Obaldia ; ces « écriveurs »  s'amusent, sans se préoccuper des carcans établis,  à un jeu permanent d'équilibriste avec le langage. Citons pour exemple le génial et surréaliste canular lexicologique  (« Petit dictionnaire des mots retrouvés » - Nouvelle Revue Française – 1938 – Editions Mots & Cie »- 2004). Piochons au hasard quelque propos canularesque, cette définition du mot  « utérus » : « petit torrent du Latium prenant sa source dans le col des Apennins qui porte son nom. Le col de l'Utérus a vu passer toutes les invasions barbares » (ibid.) ; citons le grand satiriste russe, Daniil Ivanovitch Youvatchov (dit Harms) et sa poésie « transmentale » (pentalogie zaoum dans la tradition du vertep parodique) qui fonda en 1926 le collectif théâtral « Radix ». Ses créations dadaïstes lui valurent les persécutions du KGB  qui l'accusa d'être un « ennemi du peuple ». Il mourut en 1942 dans une prison psychiatrique de la Guépéou (le chantre de la dictature stalinienne, Louis Aragon, écrivit un éloge en vers de la police politique de Staline qui s'achève ainsi : « Vive le Guépéou contre tous les ennemis du prolétariat » - comme quoi, la poésie peut servir à tout, y compris à justifier les pires crimes contre l'humanité).
- la contagion de la poésie dans le prospectus, le message publicitaire, et même dans les journaux lycéens, témoignent de l'influence du langage poétique dans la communication ; les images et métaphores jouent aussi un rôle déterminant sur le plan cognitif ;  il suffit de quelques clics de souris pour tomber sur ces petites fabriques d'écriture que sont les blogs ou les sites d'information participatifs comme « arbrealettres » où l'on passe des  divagations infinitives* aux romans lipogrammatiques  de Perec ;  les forums enseignants de l'école communale, les sites internet comme fabula.org n'ont pas d'autre but que de replacer la pratique poétique au c½ur de la vie des internautes...
- la poésie est étroitement associée avec les arts plastiques ou visuels (thème de l'eau à la Bibliothèque Multimédia Intercommunale d'Epinal-Golbey : http://www.bmi-epinalgolbey.fr  avec mise en ligne de la publication des réalisations des élèves – dont ceux du lycée Pierre Mendes France – sur le site internet http://ac-nancy-metz.fr/ia88/musee
 
- poésie et ravissement : « la poésie -  disait Georges Perros [1923-1978], un auteur de prose poétique -  c'est le temps durant lequel un homme oublie qu'il va mourir ».
Conclusion
Les grands textes poétiques contiennent une pensée, une vision des hommes, de la civilisation, au confluent d'autres disciplines comme la philosophie, la morale, l'histoire, l'anthropologie ; la littérature poétique est indispensable à toute civilisation cultivée. La poésie sert de point de repère intellectuel qui permet d'appréhender le temps et le monde différemment... A moins de décider de continuer à faire, tout bonnement, et surtout bêtement, ce qu'on faisait avant. Pourquoi un homme écrit-il ? se demandait le poète autrichien  Karl Kraus [1874-1936]. Parce qu'il n'a pas assez de caractère pour s'en abstenir.
Le besoin d'écrire du poète, mais aussi nous lecteurs nous avons besoin de ces textes-là, pour vivre avec les autres, car vivre ensemble, n'en déplaise... est un bonheur de chaque instant. Ecrire signifie avoir faim de l'univers entier. C'est une manière de se solidariser. Difficile de géolocaliser la poésie. Mais on  ne saurait réduire les humains à n'être que des cartes bancaires, des numéros de portable ou une adresse Internet Protocol.
                        On se contentera donc  du laconisme goguenard de Jules Renard [1864-1910] : « écrire, c'est une façon de parler sans être interrompu ».
 
Bibliographie
Une Anthologie historique de la poésie française, Xavier Darcos,  Editions des Presses Universitaires de France, Paris, 2011La persécution des homosexuels et sa mémoire, de Régis Schlagdenhauffen – Editions « Autrement »  - Collection « Mutations/Sexe en tous genres » - 308 pages.CORPUS
Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline.
Entres hommes, comme ça, sans façons, aux rires de tous ceux qui étaient autour, accompagnés des encouragements qu'ils se donnaient comme au football. On enlevait son veston d'abord, en arrivant, comme pour effectuer un exercice de force. On se mettait en tenue en somme, c'était le rite.
Et puis bien débraillés, rotant et pire, gesticulant comme au préau des fous, ils s'installaient dans la caverne fécale. Les nouveaux arrivants devaient répondre à mille plaisanteries dégueulasses pendant qu'ils descendaient les gradins de la rue; mais ils paraissaient tous enchantés quand même.
Autant là-haut, sur le trottoir ils se tenaient bien les hommes et strictement, tristement même, autant la perspective d'avoir à se vider les tripes en compagnie tumultueuse paraissait les libérer et les réjouir intimement.
Les portes des cabinets largement maculées pendaient, arrachées à leurs gonds. On passait de l'une à l'autre cellule pour bavarder un brin, ceux qui attendaient un siège vide fumaient des cigares lourds en tapant sur l'épaule de l'occupant en travail, lui, obstiné, la tête crispée, enfermée dans ses mains. Beaucoup en geignaient fort comme les blessés et les parturientes. On menaçait les constipés de tortures ingénieuses.
Quand un giclement d'eau annonçait une vacance, des clameurs redoublaient autour de l'alvéole libre, dont on jouait alors souvent la possession à pile ou face. Les journaux sitôt lus, bien qu'épais comme de petits coussins, se trouvaient dissous instantanément par la mesure de ces travailleurs rectaux. On discernait mal les figures à cause de la fumée. Je n'osais pas trop avancer vers eux à cause de leurs odeurs.
Ce contraste était bien fait pour déconcerter un étranger. Tout ce débraillage intime, cette formidable familiarité intestinale et dans la rue cette parfaite contrainte! J'en demeurais étourdi."
Voyage au bout de la nuit, roman écrit de 1929 à 1932 - Editions Gallimard – 1985 - Page 251
 
Déménager, poème de Georges Pérec [1936-1982]
 
Déménager
Quitter un appartement. Vider les lieux.
Décamper. Faire place nette. Débarrasser le plancher.
Inventorier, ranger, classer, trier.
Éliminer, jeter, fourguer.
Casser.
Brûler.
Descendre, desceller, déclouer, décoller, dévisser, décrocher.
Débrancher, détacher, couper, tirer, démonter, plier, couper.
Rouler.
Empaqueter, emballer, sangler, nouer, empiler, rassembler, entasser, ficeler, envelopper, protéger, recouvrir, entourer, serrer.
Enlever, porter, soulever.
Balayer.
Fermer.
Partir.
 
Georges Perec - Espèces d'espaces, éditions Galilée, 1974
 
L'évadé, de Boris Vian
Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut, entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

Il respirait l'odeur des arbres
De tout son corps comme une forge
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie, il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme

Il avait eu le temps de vivre.

Boris VIAN, Chansons et poèmes, L'évadé
 
Sites internet :
http://www.fabula.org/
http://www.arbrealettres.com/
http://www.amisbnf.org/
http://www.1001libraires.com/
 
http://baladetheatrale.over-blog.com
 
 
OBJET D'ETUDE N° 4 - POESIE
 
Contenus et mise en ½uvre
- caractéristiques de l'expression poétique,                oralité et musicalité du langage poétique, formes prosodiques, images (allégorie, tropes, métaphores, synecdoques, métonymies...) et autres figures de style
-  l'expression de la subjectivité (langage figuré, figures d'analogie), relation son/sens, métrique, diction et interprétation (du vers codifié à l'avènement du poème en prose)
- dimensions narratives, argumentatives, esthétiques (émotion et plaisir)  de la poésie et du  poème en prose
- la fonction du poète, son rôle dans la société
  
Textes étudiés en classe
 
Texte 1 : Le joujou du pauvre-  Charles Baudelaire - Le Spleen de Paris – 1869 –
Texte 2 : L'enterrement - Paul Verlaine – (poème composé en 1866)
Texte 3 : Les effarés - Poésies – Arthur Rimbaud - 20  septembre  -  1870
Texte 4 : Le pont Mirabeau – G. Apollinaire (1880 - 1918) - Recueil « Alcools » -1913
Texte 5 : L'huître - Françis Ponge : « Le parti pris des choses » - 1942 -  NRF – Poésie Gallimard
Texte 6 : La bougie - Francis Ponge - ibid.
 
 TEXTE 1 
 
 Le joujou du pauvre -  Charles Baudelaire -
Le Spleen de Paris – 1869 –
 
Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. A côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait :

De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, pâle, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un ½il impartial découvrirait la beauté, si, comme ½il du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère.

A travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.
Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.                          
 
Charles Baudelaire [1821-1867]
 
TEXTE 2
L'enterrement
 
Je ne sais rien de gai comme un enterrement !
Le fossoyeur qui chante et sa pioche qui brille,
La cloche, au loin, dans l'air, lançant son svelte trille,
Le prêtre, en blanc surplis, qui prie allégrement,
 
L'enfant de ch½ur avec sa voix fraîche de fille,
Et quand, au fond du trou, bien chaud, douillettement,
S'installe le cercueil, le mol éboulement,
De la terre, édredon du défunt, heureux drille.
 
Tout cela me paraît charmant, en vérité !
Et puis, tout rondelets sous leur frac écourté,
Les croque-morts au nez rougi par les pourboires,
 
Et puis les beaux discours concis, mais pleins de sens,
Et puis, c½urs élargis, fronts où flotte une gloire,
              Les héritiers resplendissants ! 
 
Paul Verlaine – 1844-1896
 Poésies – (poème composé en 1866)
 
TEXTE 3
 
Les Effarés
d'Arthur Rimbaud
 
Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
     Leurs culs en rond,
 
A genoux, cinq petits – misère ! –
Regardent le boulanger faire
     Le lourd pain blond...
 
Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l'enfourne
     Dans un trou clair.
 
Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
     Chante un vieil air.
 
Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
     Chaud comme un sein.
 
Et quand pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
     On sort le pain;
 
Quand sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
     Et les grillons ;
 
Quand ce trou chaud souffle la vie;
Ils ont leur âme si ravie
     Sous leurs haillons,
 
Ils se ressentent si bien vivre,
 Les pauvres petits pleins de givre,
      ‑ Qu'ils sont là, tous,
 
Collant leurs petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
     Entre les trous,
 
Mais bien bas, ‑ comme une prière...
Repliés vers cette lumière
         Du ciel rouvert,
 
- Si fort , qu'ils crèvent leur culotte,
- Et que leur lange blanc tremblotte
               Au vent d'hiver...
 
Arthur Rimbaud - 20  septembre  -  1870
¼uvres Complètes – éditions NRF – collection La Pléiade – Poésies – pièce XII  pp. 60-61
 
 TEXTE 4 : Le Pont Mirabeau
 
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
       Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
       Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
L'amour s'en va comme cette eau courante
            L'amour s'en va
       Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
 
 Vienne la nuit sonne l'heure
             Les jours s'en vont je demeure
 
Passent les jours et passent les semaines
            Ni temps passé
       Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
Recueil « Alcools » -1913
 
TEXTE 5
« L'huître »,  de Francis Ponge
 
L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau- ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger: sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en-dessus s'affaissent sur les cieux d'en-dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.
 
Françis PONGE  [1899-1988] - 
« Le parti pris des choses » - 1942 -  NRF – Poésie Gallimard
 
Texte 6
« La bougie », Francis Ponge
La nuit parfois ravive une plante singulière dont la lueur décompose les chambres meublées en massifs d'ombres.
Sa feuille d'or tient impassible au creux d'une colonnette d'albâtre par un pédoncule très noir.
Les papillons miteux l'assaillent de préférence à la lune trop haute, qui vaporise les bois. Mais brûlés aussitôt ou vannés dans la bagarre, tous frémissent aux bords d'une frénésie voisine de la stupeur.
Cependant la bougie, par le vacillement des clartés sur le livre au brusque dégagement des fumées originales encourage le lecteur, - puis s'incline sur son assiette et se noie dans son aliment.
 
 
Françis PONGE  [1899-1988] -  1948 -  NRF – Poésie Gallimard

 

 
 
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#Posté le dimanche 06 mars 2011 02:55

Modifié le mardi 07 juin 2011 05:18

LES FONCTIONS DU RIRE. BTS INDUSTRIELS.

LES FONCTIONS DU RIRE. BTS INDUSTRIELS.SYNTHESE BTS LES LIMITES DU RIRE

BTS Industriels
Travaux d'écriture : à partir d'une étude comparative des deux documents de Charles Beer et Pierre Desproges, vous expliquerez quelles fonctions ces deux auteurs attribuent au rire...

DOCUMENT 1 - Charles BEER – Discours -
La société a besoin, pour faire face à la réalité, de comédie, de rire, pour prendre justement ce recul sur la vie dans ce qu'elle a de plus sérieux, voire de plus tragique. L'esprit de contradiction, la satire, l'ironie et le rire portent en eux les germes d'une réflexion et d'une distance critique. Le rire et la critique ne sont pas éloignés. La comédie, l'humour permettent par le décalage et l'absurde de critiquer la société dans laquelle on vit ainsi que ses contemporains pour résister d'une part, et pour tenter d'améliorer cette société d'autre part. Le rire et la satire sont étroitement liés à la liberté d'expression, à la création, ils sont les garants d'une société libre et une porte ouverte sur la vie.

Peut-on rire de tout ? Je le soutiens et je l'espère, même si je soutiens avec Pierre Desproges qu'on ne peut pas rire de tout avec n'importe qui. Savoir rire de tout est nécessaire, du moins pour notre société, pour que l'on puisse se détacher ne serait-ce qu'un instant du trop sérieux, du tragique et pour que souffle un esprit optimiste. On peut rire de tout, me semble-t-il, même de la mort ou de l'angoisse, car elles font bel et bien partie de la vie humaine. Un exemple fort me vient à l'esprit, celui de la journaliste Florence Aubenas ; lors de sa libération le 12 juin dernier, elle n'a eu de cesse dans son témoignage de manier humour et ironie. Nous constatons dès lors que le rire peut être un formidable rempart contre la tyrannie et une véritable échappatoire face au tragique.

Alors, enfin, rions pour prendre à contre-pied les difficultés inhérentes à notre statut d'homme, rions pour prendre de la distance, voire de la hauteur, dans le monde politique par exemple, comme au sein de l'université, car c'est un acte libérateur, de liberté, de mise à distance et d'esprit critique.

Enfin, que le rire soit synonyme de liberté ... académique, bien entendu!

1 Henri Bergson, 1859-1941, agrégé de philosophie, élu à l'Académie française en 1914, reçoit le prix Nobel de littérature en 1927.

2 Pierre Desproges, 1939-1988, humoriste français, chroniqueur sur France Inter notamment.
Charles Beer - né en 1961 - Conseiller d'Etat - Discours prononcé le 22 juin 2005 dans les salons du Foyer du Grand Théâtre de Genève par Monsieur Charles Beer, conseiller d'Etat, en charge du Département de l'instruction publique, à l'occasion de la remise des prix de la Fondation Arditi.

DOCUMENT 2
Pierre Desproges [1939-1988] – Le Tribunal des flagrants délires - 1982
Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans [...]. S'il est vrai que l'humour est la politesse du désespoir, s'il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu'elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu'elle ne pratique pas l'humour noir, elle, la mort ? Regardons s'agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l'heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d'un coup ça s'arrête, sans plus de raison que ça n'avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d'opérette, l'enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu'au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l'homme s'effacent devant les droits de l'asticot. Alors : quelle autre échappatoire que le rire, sinon le suicide [...].
Pierre Desproges. Emission de la radio France Inter – 28 septembre 1982 –
FONCTIONS DU RIRE
*fonction sociale : le rire contribue à la socialisation de l'individu, il permet de créer ou de maintenir une cohésion du groupe (fonction de catalyse, le rire, en tant qu'exutoire, est contagieux ; il crée une contagion, parce qu'il institue une complicité qui soude un groupe social ou une communauté d'individus) ; autrement dit et plus simplement, il nous permet de nous rapprocher des autres
* fonction subversive (le rire comme résistance à l'oppression) : le rire révèle un esprit de contradiction ; par le comique de l'absurde, il tend vers un anticonformisme plutôt insolent...
* fonction politique, polyeurcétique : le rire secoue les institutions, en se moquant de la puissance politique, des esprits doctes et pédants, des représentants de la force publique (pouvoir frondeur, décapant du rire) ; le rire fournit bien souvent l'occasion de se venger, d'offrir une résistance à toute forme de tyrannie, c'est un rempart contre l'oppression ; il donne accès à la liberté d'expression...
* fonction épistémologique : le rire permet une prise de conscience, de distance ou de recul ; il remet en question nos préjugés, nos idées préconçues ;le rire nous encourage à penser par nous-mêmes, à exercer notre esprit critique, à raisonner librement et à juger lucidement) l'humour* ou l'ironie* exigent une subtilité intellectuelle, associée à un plaisir du déchiffrement ...
*fonction physiologique : le gros rire, le rire gras, la jubilation provoquent une décharge émotive diminuant le tonus musculaire, une détente qui développent et stimulent notre système immunitaire (la gélothérapie est une pratique médicale destinée, sur le plan somatique, à stimuler le système vagosympathique qui repose sur la proximité entre les cordes vocales et le nerf vague).
*la fonction cathartique : le rire nous permet de lâcher prise avec la réalité, de décompresser
*la fonction psychologique : le rire nous permet d'affronter les drames de la vie, de mieux nous armer contre les malheurs, c'est une forme de résilience (la personne qui se met à rire s'affranchit de ses angoisses, exorcise ses chagrins) ; autrement dit, il exprime une certaine jovialité, une joie de vivre
*la fonction ironique : l'ironie*, qui exige toujours une lecture au second degré, camoufle la dénonciation derrière un discours faussement élogieux (le faux éloge, la fausse louange, la fausse politesse)
*la fonction tragique : elle révèle toute l'absurdité du monde notamment grâce à l'humour noir notamment
*la fonction anesthésique : elle découle de la précédente ; on tourne des drames humains à la comédie, en faisant semblant de nous détacher des événements pathétiques ou tragiques ;
Notes
• Humour : il existe depuis 1988 un prix de l'humour politique décerné par un Club qui récompense l'homme politique le plus drôle de l'année... En 1989, André Santini (droite parlementaire, actuellement vice-président du Nouveau Centre) critique ouvertement le Garde des sceaux Pierre Arpaillange (Ministre de la Justice dans les gouvernements socialistes de Michel Rocard entre 1988 et 1990). Il recevra le premier prix pour cette phrase assassine : « Si Saint Louis rendait la justice sous un chêne, Pierre Arpaillange la rend comme un gland »
• Ironie : on la retrouve même dans l'héraldique ; prenons le blason de la ville de Nancy, représenté par un chardon. La devise de la ville de Nancy s'énonce ainsi en latin : « Non inultus premor » (on traduira de manière littérale : « on ne me touche pas avec impunité ». Plus familièrement, « qui s'y frotte s'y pique ! ». En fait, cette devise a été adoptée au lendemain de la bataille de Nancy en 1477 qui opposa le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire au duc de Lorraine, René II. La défaite du Téméraire qui trouva la mort pendant le siège de Nancy vengeait les Lorrains de la désastreuse bataille de Bulgnéville (à la fin de la Guerre de Cent Ans), où les troupes du jeune duc René 1er furent massacrées le 2 juillet 1431 par les troupes bourguignonnes. Le général Barbazan (premier chambellan du Dauphin Charles VII, qui sera inhumé dans la « nécropole des rois » à Saint-Denis) trouva la mort dans cette piteuse bataille qui se déroula au pied d'une colline située entre Bulgnéville et Vaudoncourt, le long du ruisseau de l'Ange (le pont qui enjambe ce ruisseau porte encore aujourd'hui le nom de « pont Barbazan »).

Travail personnel du professeur

DOCUMENT ANNEXE

Gilles Lipovetsky : le rire a une histoire
Le carnaval était le moment du rire de fête, du rire général et sans entraves se manifestant par des bouffonneries et des insultes gratuites, des moqueries et plaisanteries, des parodies et travestissements de la vie ordinaire. Ce rire populaire et collectif est épuisé: fini, comme tendance dominante, le rire agressif, le rire grivois, le rire scatologique. Le rire, irrémédiablement, se «civilise» dans la foulée de l'individualisation réflexive des m½urs. Rire à gorge déployée, le rire épais, non contenu, celui qui s'exprime avec tout le corps se fait plus rare tant il est synonyme de vulgarité. Le monde festif s'est en grande partie délesté de son ancien caractère débordant d'allégresse. On ne cherche plus beaucoup à faire rire et à jouer, faire des farces, se moquer des autres, commettre les plus grandes effronteries. Les gens marchent, écoutent les orchestres, téléphonent, parlent en petits groupes, dansent à part, font du roller: ils rient peu, ils s'observent plus qu'ils ne se parlent ou plaisantent ensemble.

La fête n'apparaît plus comme le moment privilégié du rire universel, du rire débridé: c'est dans l'espace privé, chez soi, devant la télévision que l'individu hypermoderne se montre hilare. L'homme qui rit n'est plus Homo festivus, c'est avant tout le consommateur de films, de variétés, de spectacles médiatiques. Ce qui n'a pas empêché Paul Yonnet de parler d'une époque «particulièrement retentissante de rires ». Mais de quel rire s'agit-il ? Certainement pas du rire communicatif, du fou rire, du rire de fête et de ses gesticulations intempestives. Pour étayer sa thèse, Paul Yonnet met en avant des données statistiques, les scores d'audience réalisés par les émissions de télévision. Mais évaluer le rire contemporain au moyen de quelques éléments chiffrés s'étalant sur une durée très courte est peu convaincant. D'autres données, d'autres périodes d'observation aboutissent à des conclusions fort différentes. [...]. Et puisque le sociologue convoque la mesure statistique, signalons au passage celle-ci, à laquelle, au demeurant, on ne prêtera d'autre valeur qu'approximative et suggestive : les Français, dit-on, ne rient plus en moyenne que cinq minutes par jour, soit quatre fois moins qu'il y a cinquante ans.
Vous avez dit «planète du rire» ? Si tel est le cas, qui ne voit qu'elle ne ressemble plus guère au rire débridé de Dionysos ?

Gilles Lipovetsky, Le Bonheur paradoxal, éditions Gallimard, 2006.

Ecriture personnelle : pensez-vous, vous aussi, que « le rire populaire et collectif » appartient désormais à un passé révolu ?

Site recommandé :

http://www.mescoursespourlaplanete.com/


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#Posté le mercredi 09 mars 2011 05:01

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